L'Oise Agricole 09 août 2017 à 09h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

Du pain frais dans les villages avec le distributeur de baguettes

Christophe Lefèvre, boulanger à Chaumont-en-Vexin, a installé 6 distributeurs de baguettes dans les villages aux alentours, permettant aux habitants d'avoir en permanence du pain frais à proximité.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Christophe Lefèvre a installé des distributeurs dans les villages aux alentours de Chaumont-en-Vexin. Un embryon de commerce dans des zones désertées.
Christophe Lefèvre a installé des distributeurs dans les villages aux alentours de Chaumont-en-Vexin. Un embryon de commerce dans des zones désertées. - © Dominique Lapeyre-Cavé

Venant de la région parisienne puis de celle de Rouen, Christophe et Sylviane se sont installés à La Bien-aimée, l'unique boulangerie-pâtisserie de Chaumont-en-Vexin. «Mon prédécesseur avait déjà arrêté les tournées dans les villages du canton. Avec le camion qui doit être agréé pour cet usage, le personnel et le temps que cela prend, cela peut se comprendre. Mais je trouvais dommage que les habitants des villages sans moyen de déplacement ne puissent avoir du pain frais, alors, j'ai creusé la question» explique Christophe Lefèvre. Ses recherches le mènent à maBaguette, une entreprise qui fabrique des distributeurs automatiques de pain frais. Le modèle existe en deux contenances : 60 ou 120 baguettes et permet de garder le pain à des conditions de température et d'hygrométrie idéales en fonction des conditions météorologiques du jour.

«J'approvisionne le distributeur en baguettes fraîchement cuites deux fois par jour, à 7 heures et 13 heures et je coupe le distributeur à 2 heures du matin. En effet, je ne voudrais pas qu'un client vienne de bonne heure chercher une baguette qu'il attend croustillante et qu'elle date en fait de la veille», assure le boulanger.

Les distributeurs sont livrés avec une application smartphone dédiée qui permet au boulanger de savoir instantanément combien de baguettes restent dans le distributeur, s'il y a des pannes ou effraction. Le distributeur rend la monnaie, les paramètres d'hygrométrie et de température sont programmables et la baguette y est au même prix qu'en magasin, 0,85 EUR.

Rentable

«Il faut jouer le jeu et ce service de pain frais de proximité ne doit pas coûter plus cher à celui qui l'achète» selon Christophe Lefèvre. Chaque distributeur est pourtant un réel investissement pour l'artisan, de l'ordre de 12.000 EUR TTC. Mais il est rentable car l'engin est amorti au bout d'une durée de 12 à 18 mois. Il en a d'ailleurs installé six autour de Chaumont-en-Vexin : à la Houssoye, à Labosse, au Vaumain, à Bachivillers, à Faye-les-Etangs et un en façade de sa vitrine de Chaumont-en-Vexin.

Il faut que le village compte environ 400 habitants pour que cela vaille le coup, mais un distributeur ne concurrence pas les éventuelles tournées des autres boulangers, assure Christophe Lefèvre.

«Les tournées touchent des habitants présents qui ne veulent pas changer de pain. Mon distributeur vise plutôt des habitants qui sont absents de leur habitation car partis travailler ailleurs, mais qui apprécient d'acheter du pain frais le soir en rentrant. D'ailleurs, il y a un pic de ventes vers 18-19 h, au retour du travail». Le boulanger doit néanmoins requérir l'accord de la municipalité car le distributeur est installé sur l'espace public. «Les maires qui acceptent jouent le jeu car, pour eux, le distributeur de baguettes est l'unique point de commerce du village et c'est important que les habitants puissent avoir du pain frais, surtout s'ils ne peuvent pas de déplacer. Généralement, la municipalité prend en charge la dalle béton et le raccordement électrique. Je paie ensuite l'électricité, environ 200 EUR/an, et j'ai une convention et toutes les autorisations nécessaires» se félicite le boulanger.

Christophe Lefèvre souhaiterait installer d'autres distributeurs en milieu rural et il a sollicité des maires ruraux. Espérons que ceux-ci verront dans cette initiative un moyen de maintenir un embryon de commerce dans des villages où il a disparu depuis fort longtemps et un service à des habitants qui se sentent parfois oubliés.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Oise Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui