L'Oise Agricole 14 juillet 2017 à 13h00 | Par Marine Lenne

Des repères essentiels pour se donner une direction

Les résultats des marges brutes calculées par Avenir conseil élevage confirment encore cette année la tendance à la baisse des résultats économiques.

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Réunion ACE, le 30 juin, à Abbeville.
Réunion ACE, le 30 juin, à Abbeville. - © Agence de presse

Avec près de 380 marges brutes validées, l'intérêt des éleveurs pour cette opération est toujours au rendez-vous... c'est bien normal, puisqu'elle leur fournit les repères indispensables à l'amélioration de la profitabilité de leur atelier lait. Neuf d'entre eux se sont réunis le 30 juin, à Abbeville, pour découvrir leurs résultats, les comparer aux différentes moyennes calculées par ACE et bénéficier d'apports techniques.

Moyenne en baisse pour la 3e année consécutive

Pour la campagne 2016-2017, la marge brute moyenne s'établit à 176 EUR par 1 000 litres contre 187 EUR pour la campagne précédente. Cette différence de 11 EUR correspond précisément à la diminution du prix de vente du lait qui est passé de 319 EUR à 308 EUR par 1 000 litres. Les produits ont donc diminué, tandis que les charges sont restées à un niveau stable de 167 EUR cette année pour 168 EUR par 1 000 litres en 2015-2016.

Au sein de ces moyennes, il existe toujours une réelle disparité. La différence entre le quart supérieur et le quart inférieur est de 81 EUR par 1 000 litres. Pour expliquer cet écart, l'analyse des résultats en fonction du prix du lait ne montre qu'une faible corrélation. Autrement dit, l'élevage qui perçoit le prix le plus élevé n'est pas for-cément celui qui dégagera la meilleure marge, même si cela aide, bien sûr ! Entre les deux quarts extrêmes, la différence de prix perçu est de 19 EUR par 1 000 litres. Dans leur globalité, les produits expliquent 40 % de l'écart, mais ce sont bel et bien les charges, et notamment les coûts alimentaires qui demeurent le principal élément de différenciation : 40 EUR d'écart aux 1 000 litres entre le quart inférieur et le quart supérieur, dont 25 EUR uniquement pour les concentrés. Si le prix des concentrés influence forcément le coût alimentaire, la quantité est déterminante. Ce dernier point inciterait donc les éleveurs à viser l'autonomie alimentaire pour leur élevage.

L'autonomie alimentaire, toujours rentable ?

L'autonomie alimentaire d'un élevage est un équilibre entre les besoins et les produits disponibles sur l'exploitation. Il existe donc deux leviers d'ajustement pour y travailler qui sont le nombre d'UGB, adapté en fonction du stock d'aliments disponibles (exemple : vendre plus rapidement les vaches de réforme) et l'augmentation de la production d'aliments pour atteindre le niveau des besoins (rendement, inter-cultures, assolement...).

Le premier levier est à actionner selon la conjoncture et sa situation. Pour ce qui est du second, la qualité des fourrages récoltés est souvent un levier efficace pour améliorer l'autonomie alimentaire. Par exemple, en réalisant une première coupe d'herbe plus tôt en saison (ensilage, enrubannage) plutôt qu'un foin plus tardif, le bilan économique peut paraître mitigé (frais de récolte supplémentaires), mais la qualité du fourrage permet d'économiser des concentrés par la suite, et de faire une seconde coupe. Selon le budget partiel présenté, le gain pourrait être de 477 EUR par hectare grâce à la réduction des quantités distribuées de soja et d'orge. Sur le même principe de budget partiel, l'implantation de cultures intermédiaires est une amélioration rentable de l'autonomie alimentaire. Elle peut toutefois présenter un risque si les conditions de récolte sont mauvaises.

La marge brute de l'atelier lait constitue une base de travail solide pour identifier les pistes d'améliorations. Elle fournit à l'éleveur les repères que tout gestionnaire doit avoir en tête pour continuer de travailler à l'optimisation de son outil de production. C'est en partie grâce à ces données que l'éleveur peut avancer pour trouver la cohérence de son système de production, dont il est le coeur.

Sylvain Delaby, éleveur à Neuilly-le-Dien dans la Somme

C'est la première année qu'il demande à Avenir conseil élevage de calculer la marge brute de son atelier lait.

"J'avais besoin de savoir où nous en étions sur la ferme par rapport à la conjoncture et à nos a priori. Il me fallait des repères, nous avions bien quelques éléments avec la comptabilité, mais c'était beaucoup moins précis.

Là, on va dans le détail des charges et des produits. Et j'avais aussi besoin de me situer par rapport à d'autres systèmes, d'autres exploitations comparables. A la remise de mon résultat, je n'ai pas été beaucoup surpris, ou plutôt j'ai été agréablement surpris ! Je pensais être moins bon que ça compte tenu du niveau d'étable (7 000 l). Finalement, avec 204 EUR de marge brute sur la campagne passée, mon élevage est souvent au-dessus de la moyenne. Je n'ai pas encore eu le temps d'analyser tous les chiffres, mais je sais qu'il reste des marges de progrès, comme, par exemple, l'amélioration des prairies avec, pourquoi pas, du sur-semis."

Mathieu Dubois, éleveur à Crécy-en-Ponthieu

Il participait à sa quatrième réunion de remise de résultats marge brute avec Avenir conseil élevage.

"Lorsque nous avons mis en route la prestation marge brute avec Avenir conseil élevage, nous avions besoin de savoir si on était dans «les clous», et d'analyser ce qui pouvait être amélioré. Nous savons quelle direction prendre pour trouver la cohérence entre notre élevage, notre système de production, notre environnement et nos envies et besoins personnels. Cette cohérence est nécessaire pour dégager une marge économique et aussi bien vivre son métier. Je me suis installé avec mon père en début d'année 2015.

Depuis, la conjoncture s'est détériorée. Pour faire face, nous devions réagir. Nous avons travaillé sur les charges. Si je compare à l'an dernier, je constate que nous avons amélioré le coût alimentaire de l'atelier lait de 50 EUR par 1 000 litres. Nous avons réduit la complémentation des vaches en lactation. Pour les génisses, nous étions en ration sèche, maintenant nous leur distribuons un mélange de maïs paille avec correcteur. Tout cela représente près de 30 000 EUR de charges en moins."

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