L'Oise Agricole 30 juin 2016 à 08h00 | Par Ludivine Traën

Des intempéries de plus en plus sévères

Jeudi dernier 23 juin, un couloir allant de Ressons-sur-Matz à Lassigny a subi de violentes intempéries.

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- © Ludivine Traën

À l’appel de la FDSEA de L’Oise, Benoît Herlemont, directeur adjoint de la DDT de l’Oise, Denis Pype, président de Groupama Paris-Val de Loire et conseiller régional, notamment, se sont rendus sur l’exploitation de Thierry Lacroix à Écuvilly, durement touchée par un orage de grêle. Ces dernières semaines, de nombreux orages ont provoqué fortes pluies, grêles et/ou vents violents. On récence des dégâts sur les habitations, les bâtiments agricoles, mais également sur les cultures.

Ces intempéries s’ajoutent à une pluviométrie déjà très importante pour ce début d’année. L’excès d’eau provoque des problématiques quantitatives et qualitatives sur les cultures.

Les agriculteurs se posent de nombreuses questions suite à ces intempéries quant aux conditions d’indemnisations par la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle et sur la remise en état des bâtiments dont les toitures très affectées recèlent de l’amiante.

Guillaume Chartier, président de la FDSEA 60, évoquant les accidents de cultures et les problématiques des déclarations Pac, assure que le ministère permettra des dérogations sur les communes ayant fait la demande de classement en catastrophe naturelle, propos complété par Benoît Herlemont, informant de la mise d’un dispositif spécifique.

Concernant les bâtiments grêlés et amiantés, des entreprises sont habilitées pour le démontage de ce type de matériaux. Denis Pype met en garde les agriculteurs sur des sollicitations d’entreprises qui ne seraient habilitées à traiter de l’amiante. Il rappelle que le désamiantage est généralement pris en charge par les contrats d’assurance.

Les agriculteurs se sont montrés inquiets dans le calcul de leur perte de récoltes, notamment vis-à-vis de l’appréciation des experts. Denis Pype a rappelé que les experts profitent de leur expérience pour estimer au plus juste, mais que les agriculteurs ne doivent pas hésiter pas à demander des explications sur les calculs. Il a ajouté que «les experts ont également un rôle pédagogique».

Les résidus de culture et les semences tombés au sol vont perturber les campagnes à venir ; le représentant de la préfecture a rappelé que les conditions sanitaires ou agronomiques peuvent justifier une autorisation dérogatoire de l’administration de brûlage des résidus de cultures. Il faut en faire la demande.

L’excès d’eau, aléa climatique assurable, perturbe les récoltes de fourrage et les pâturages. Comment nourrir les animaux et constituer des stocks ? Cette question se pose depuis plusieurs semaines. Le fonds national des calamités agricoles n’apporte pas de garanties d’indemnisation. Guillaume Chartier appelle à la solidarité, notamment auprès des fournisseurs de pulpes, pour satisfaire les besoins des agriculteurs sinistrés.

Autre sujet : Thierry Bourbier, président d’arrondissement, demande à l’administration de faciliter les interventions sur les fossés non curés qui ont augmenté les problèmes d’inondation. En réponse, l’administration rappelle que pour un fossé, il n’est pas nécessaire d’avoir une autorisation. Par ailleurs, il confirme que la cartographie des cours d’eau, la plus exhaustive possible, avance.

Bernadette Bréhon, secrétaire générale, ajoute qu’une fois validée, cette cartographie sécurisera juridiquement ce type d’intervention.

En cette année exceptionnelle, les parcelles de cultures de printemps telles que le maïs ou les betteraves ont par endroits provoqué des coulées de boues. Ce type de culture peut constituer un risque pour les habitations ou les voies de circulation en contrebas. Pour y remédier, des démarches de conventionnement sont engagées. Il faudra parfois implanter des aménagements visant à protéger les habitations.

La FDSEA de l’Oise insiste sur la nécessité de mesures volontaires et proportionnées, accompagnées de financement si elles se trouvent à charge des agriculteurs. Le Conseil régional ajoute que des financements seront débloqués pour les collectivités, les entreprises et les agriculteurs touchés par ces intempéries. Les procédures de demandes seront communiquées prochainement à la FDSEA.

Pour Bernadette Bréhon, il paraît essentiel qu’un comité de pilotage puisse se réunir à la fin juillet, ce qui est approuvé par les banques, les assurances, l’administration, et les responsables d’OPA.

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