L'Oise Agricole 30 avril 2015 à 08h00 | Par Oise Agricole

De nouvelles Régions, plus fortes pour négocier à Bruxelles

Les Régions sont devenues l’autorité de gestion du deuxième pilier de la PAC, lui-même en forte augmentation pour la période 2014-2020.Demain les nouvelles Régions, plus fortes et moins nombreuses,iront négocier les budgets européens à Bruxelles.

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- © europeennefrance.gouv.fr

Les Régions sont devenues des incontournables du développement agricole en France. Depuis le 1er janvier 2014, elles sont devenues les autorités de gestion du deuxième pilier de la Politique agricole commune, le Feader (Fonds européen agricole pour le développement rural). Ce n’est pas rien : il représente 23% du budget de la Pac2014 -2020. Les vingt-deux Régions françaises ont la charge de distribuer ce financement européen sur les territoires pour le développe-ment rural et agricole. La régionalisation de la gestion du budget européen est une option ouverte par Bruxelles depuis plu-sieurs années. Après d’autres Etats membres dont l’Allemagne, l’Au-triche, les Pays-Bas… la France s’en saisit.

 

Régionaliser et suivre l’ambition européenne, oui. Mais l’Etat ne se détache pas totalement de la gestion du deuxième pilier de la Pac.Pour la première fois, sur la période2014-2020, les régions deviendront autorité de gestion d’une partie du budget européen. L’Etat a tout de même envoyé un «cadre national»aux Régions dans lequel il est précisé que «certains éléments méritent d’être cadrés et harmonisés au niveau national». Dans les faits, Hélène Aussignac,en charge de l’agriculture pour l’As-sociation des Régions de France,témoignait début 2015 : «Nous devons avoir plus de liberté. Nous devons pouvoir travailler sans passer par l'Etat». Par ailleurs, le Feader doit être mobilisé en cofinancement.

 

L’Etat peut être cofinancement.Ce point est précisé dans le document de cadre national de la manière suivante : «Pour la mise en œuvre des politiques nationales que l’Etat souhaite porter avec ses crédits, il intervient comme un potentiel cofinancer».

 

Les Régions, mieux dotées

 

Concrètement encore, gérer le Feader, c’est produire un rapport de plus de 500 pages, appelé le Pro-gramme de développement rural(PDR). Il contient les mesures à mettre en œuvre sur les territoires(modernisation des bâtiments, installation des jeunes, aides à l’agriculture biologique, etc) et le fléchage du fonds. Autrement dit : il permet à Bruxelles de vérifier que le budget européen est «bien» uti-lisé dans les États membres. Ce «pavé» fait la navette, en général plusieurs fois et pendant des mois,entre l’autorité de gestion et Bruxelles qui valide ou non. Les Régions héritent ainsi de ce travail assumé parles services déconcentrés de l’Etat,depuis la création du deuxième pilier de la Pac en 1999.

Cette nouvelle fonction s’accompagne aussi d’un budget. Et pas des moindres. Le budget du Feader pour la France a augmenté par rapport à la dernière période passant de 6 à 11,4 milliards d’euros pour six ans. Et il est en hausse«dans toutes les Régions», relève Hélène Aussignac.Outre la gestion du Feader, les Régions seront renforcées dans les années à venir par la réduction de leur nombre. Henri BiesPéré, président de la Frsea Aquitaine, com-mente : «Il faut profiter de ce nouveau poids. Tant qu’à donner des compétences aux Régions, autant leur donner le poids suffisant pour peser au niveau européen. À Bruxelles, nous n’étions pas à la

bonne taille». Et de fait, la fusion des Régions cristallise certaines disparités entre Régions : si certaines y gagnent comme l’Au-vergne-Rhône-Alpes, les écarts de Feader entre nouvelles Régions d'étonnent. Pour la prochaine période (2021-2027), il n’y aura plus que treize PDR à faire la navette entre les Régions et Bruxelles. Mais le gros du travail reste à faire : harmoniser ces PDR au sein des nouvelles régions.

 

Six années de transition

 

D’ici là, les budgets Feader 2014-2020 sont fixés, les PDR en cours de validation à Bruxelles.Mais «les calendriers européen et français se recoupent. Au 1erjan-vier 2016, on diminue le nombre de Régions», explique Hélène Aussignac. Les budgets ne vont pas fusionner pour autant, ni les PDR associés. La spécialiste précise qu’il est «inimaginable» de refaire des PDR avec les treize nouvelles régions en pleine programmation.«Ce doit être opérationnel pour les agriculteurs», soutient-elle. Bruxelles est d’accord : de 2016 à la fin de la période de programmation, il y aura 22 PDR associés aux anciennes régions françaises,mais treize régions créées par la loi française. Ces dernières auront tout de même du pain sur la planche. Les PDR peuvent être modifiés chaque année. «Au sein des nouvelles Régions, l’objectif sera d’essayer de les harmoniser tout au long de la période 2014-2020», précise-t-elle. Le défi est de taille.

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