L'Oise Agricole 22 juin 2015 à 08h00 | Par Florence Guihem

Cristal Union : «Nous sommes prêts pour la libéralisation du marché»

Le 12 juin dernier,Cristal Union ouvrait grand ses portes de la sucrerie de Sainte-Emilie pour présenter la stratégie industrielle et la politique énergétique du groupe, ainsi que son projet de nouvelle centrale de cogénération sur ce site.

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- © Oise Agricole

Fin 2017 sonnera le glas des quo-tas sucre. Or, entre leur disparition, la baisse de la production l’an dernier en raison de mauvaises conditions météorologiques, celle des prix sur le marché, et les obligations à venir dans le cadre du projet de loi de la transition énergétique, les betteraviers voient l'avenir avec inquiétude.Cristal Union, non. Avec ses dix sites en France et les 9 000 betteraviers avec lesquels il travaille,le groupe ne craint pas l'après-quota.«La force de la France, c'est la qualité de ses agriculteurs et de ses terres. La France sucrière est une des plus compétitives en Europe. Les chiffres le prouvent.La moyenne européenne de production de betteraves est en des-sous de 80 tonnes, la nôtre, en France, est de plus de 85 tonnes(soit 14 millions de tonnes de sucre ou betteraves travaillées par an, ndlr), précise Alain Commissaire, directeur général du

groupe. Aussi, pour nous, il ne fait nul doute que la betterave a de beaux jours devant elle.»Pour qu'il en soit ainsi, Cristal Uniona anticipé la fin des quotas. La logique industrielle du groupe est simple : pour pouvoir être compétitif sur un marché qui sera dérégulé sous peu, et pouvoir proposer ses produits dans le monde entier,il faut augmenter la production et multiplier les implantations hors des frontières. A peine le débat ouvert sur la réforme sucre, en 2004, Cristal Union s'est lancé dans une poli-tique d'amélioration de la production et a perfectionné ses usines de transformation de betteraves.

 

Politique énergétique...

 

«La performance économique et la performance énergétique sont désormais indissociables, dit Jérôme Fourdinier, président de la coopérative de Sainte-Emilie, à Villers-Faucon. Le travail autour de la transition énergétique a été lancé depuis quelques années. Nous avons diminué l'usage des intrants sur les terres. La transition énergétique se poursuit avec le projet de la nouvelle centrale de cogénération(électricité et vapeur). Les six chaudières existantes seront remplacées par une centrale de cogénération fonctionnant au gaz naturel.» Celle-ci devrait être opérationnelle en septembre 2018. Coût de l'opération : 40 millions d'euros.En ligne de mire : la baisse de la consommation d'énergie (- 10 %),la fin de toute consommation d’eau, de moindres rejets en CO2(- 25%) et de poussière (- 95%).«Notre objectif sur ce site est de passer de 16 000 ha à 20 000 ha pour augmenter la production betteravière, et que chaque hectare produise plus de sucre», ajoute pour sa part Alain Commissaire. Par ailleurs, le site sera autosuffisant en électricité. Enfin, comme la centrale fonctionnera au gaz nature là partir de 2018, le territoire alentour sera raccordé à ce réseau,inexistant à ce jour, grâce au partenariat établi avec la Sicae.

 

… et stratégie industrielle

Des partenariats ou plutôt des fusions avec d'autres transformateurs français, tel a été l'autre pan de la stratégie industrielle de CristalUnion. Créée en 2000, à la suite du rapprochement de quatre coopératives (Aris-sur-Aube, Bazancourt,Corbeilles et Eclaron), elle intégrait l'année suivante Bray. 2003 et 2004voient l’intégration des sucreries de Sillery et Châlons, puis Dislaub. En2007, c'est au tour d'Erstein, puis en 2011, celles de Bourdon et du groupe Vermandoise. «Depuis notre création, notre politique est de saisir les possibilités de fusion pour renforcer le socle sucrier français», com-mente Olivier de Bohan, président du groupe Cristal Union.Dans ces fusions entre groupes,Cristal Union privilégie un esprit coopératif. Aussi a-t-elle refusé la proposition de «mariage» de Tereos. «Nous avons une philosophie différente. Tereos est un groupe agro-financier, nous, nous sommes un groupe agroalimentaire coopératif pur et dur. En unmot, on n'a pas les mêmes chromosome, et ces chromosomes ne se conjuguent pas», avance Alain Commissaire. «Que les choses soient claires, on n'a jamais refusé le débat avec eux, ni la discussion,ajoute Olivier de Bohan. Mais l'argument de Tereos de s'unir pou ravoir une taille plus importante sur le marché ne nous convainc pas.Grossir pour grossir ne nous intéresse pas. L'intérêt de nos 9 000 agriculteurs n'est pas de rejeter la proposition de Tereos par principe, mais parce qu'on ne s'y retrouve pas. C'est donc non.»En revanche, dans la perspective de la disparition des quotas, le groupe s'est développé en Europe. Dernièrement, le groupe est entré dans le capital d'une entreprise italienne, à Brindisi. Il a aussi développé des partenariats avec les groupes La Belle(Algérie), American Sugar Refining(Etats-Unis), le Syndicat des sucres de l'île Maurice, et la Société sucrière des Antilles. «Entre le savoir-faire des planteurs et notre travail d'anticipation, qui a consisté à améliorer l'agriculture en termes d'intrants, mais aussi nos sites, notre politique marketing et notre développement dans et hors d'Europe, nous sommes prêts à faire face à la libéralisation du marché en2018», conclut Alain Commissaire.

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