L'Oise Agricole 20 septembre 2018 à 11h00 | Par Dorian Alinaghi

Corréus, le chef gaulois fait mousser l’Oise

En 2016, deux amis d’enfance, fils d’agriculteurs, ont ouvert une micro-brasserie à Beauvais. Amoureux de la boisson houblonnée, ils décident de miser sur un produit local. A lire avec modération ! Quoique…

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De gauche à droite : Nicolas Boileau, Nicolas Desandere et Christophe Burdin (les deux co-fondateurs de Corréus).
De gauche à droite : Nicolas Boileau, Nicolas Desandere et Christophe Burdin (les deux co-fondateurs de Corréus). - © Dorian Alinaghi

En 51 av. J.-C., Corréus, chef gaulois des Bellovaques rebel et téméraire de la tribu des Bellovaques, a défendu notre territoire contre les troupes de Jules César. En 2016, la micro-brasserie Corréus démarre son activité de fabrication de bières artisanales à Beauvais dans l’Oise. Cette idée est venue de deux amis d’enfance et fils d’agriculteurs Christophe Burdin, ingénieur en agriculture et Nicolas Desandere, ingénieur en génie des procédés, puis un troisième associé s’ajoute à la bande Nicolas Boileau, diplômé d’une école de commerce, lui aussi fils de vigneron. Les deux amis d’enfance qui se sont retrouvés après s’être perdus de vue quelques années, découvrent qu’ils partagent une passion commune, le brassage de la bière. «Durant nos études, Nicolas à Albi et moi à UniLaSalle, nous faisions de la bière en tant qu’amateurs. On adorait ça ! (rire). On s’est retrouvé quand Nicolas est revenu dans l’Oise. Autour d’une table, muni d’une pinte à la main, on s’est associé pour créer une bière. Cependant, on ne peut pas vivre pour le moment de notre micro-brasserie. Par exemple, Nicolas réalise des études pour le compte de collectivités locales, et moi je travaille comme prestataire à Isagri dans le commercial export. Je suis également formateur à l’Institut la Chaumontoise, l’école de brasserie de Chaumont-en-Vexin.» explique Christophe Burdin, co-fondeur de Corréus.

Les deux brasseurs misent sur des ingrédients locaux qui représentent aujourd’hui 90 % de leur approvisionnement «l’eau vient de Beauvais, celle du robinet (rire). Pour le malt, qui est de l’orge germée et séchée, nous nous approvisionnons chez le groupe Soufflet qui nous certifie une céréale issue de producteurs des Hauts-de-France. Notre envie serait d’acheter directement de l’orge aux cultivateurs de l’Oise et de le faire malter par Soufflet. Problème, il faut un minimum de 50 tonnes annuelles quand nous n’en utilisons que deux aujourd’hui. Pour le houblon, nous nous approvisionnons chez Coophounord, une coopérative qui ressemble des planteurs du Nord-de-Calais et de la Somme.» détaille-t-il. Corréus est donc complètement made in Hauts-de-France.

Une mini production qui fait mouche

Une bière ça va, trois bières ça va, ça va, ça va. Les brasseurs sont donc partis sur trois bières permanentes : une blonde, une blanche et une ambrée. Une IPA (India Pale Ale) fera peut-être une apparition «les bières IPA sont d’origine anglaise et font un véritable carton aux Etats-Unis. Il s’agit d’une bière blonde plus forte en houblon et en alcool, titrant entre 5 et 7 degrés d’alcool. Une bière qui commence à trouver sa place en France mais aussi dans notre département. Le gros problème, comment satisfaire une clientèle friande de bières exotiques quand on se revendique local ? Il n’est pas question pour nous d’importer du houblon américain ou australien qui, en plus, coûte cher. Nous avons donc prospecté en France. En cherchant, nous avons découvert une coopérative alsacienne qui faisait de la recherche et développement autour du houblon dont les caractéristiques s’approchent du houblon américain. Ainsi, nous allons pouvoir confectionner une IPA tout en restant français.» explique Christophe Burdin.

En attendant leurs bières sont un véritable succès, tel qu’ils n’arrivent pas à combler les demandes. «Lors du marché artisanal du conseil départemental, nous avons été félicité pour notre bière et beaucoup de monde avait notre bouteille à la main. Nous sommes assez fiers d’avoir réussi à créer une identité.» ajoute-t-il. Près de 8.000 litres devraient être vendus en 2018. Les Corréus sont vendues dans les cafés, restaurant, les hôtels et les bars de l’Oise. Les amateurs et les fins gourmets en bières peuvent aussi venir se procurer la bière dans leur local sur la rue du Maréchal-Leclerc à Beauvais.

« La bière, c’est la meilleure boisson du monde»

Les paroles de l’acteur américain, Jack Nicholson, retracent véritablement l’histoire de Corréus. En effet, ils ont noué un partenariat avec l’Arche de Beauvais, une association dont la mission est de faire connaître le don des personnes ayant un handicap mental à travers une vie partagée et de leur permettre de prendre leur juste place dans la société. Ainsi ils ont pu acquérir d’un petit local gratuitement, en échange les brasseurs animent des ateliers aux résidents.

Ils investissent 20 000 euros pour créer leur micro-entreprise et acheter le matériel permettant de brasser 2OO litres de bière. Mais leur local devient trop étroit. Du coup, un agrandissement est prévu début 2019. Les brasseurs vont donc être hébergés à UniLaSalle, dans l’AgriLab plus exactement, afin d’acquérir un espace plus spacieux et d’augmenter la production.

À long terme, cette micro-brasserie pourra créer des emplois. «Nous voulons surtout terminer une mission qui nous tient à cœur. Un ancien stagiaire qui était étudiant à UniLasalle, nous a beaucoup aidé dans notre aventure. Il est tragiquement décédé récemment, et pour lui rendre hommage, nous voulons mener à bien son projet d’ouverture d’une boutique en ligne, grâce à son idée…» confie Christophe Burdin.

Téméraire, rebelle et plaisir, voilà une définition qui correspond à l’étiquette Corréus. Pour cette micro-brasserie qui ne connait pas la crise, tous les voyants sont au vert mais aussi dans le verre.

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