L'Oise Agricole 18 février 2018 à 13h00 | Par Alix Penichou, Dominique Lapeyre-Cavé

Concours général agricole : vitrine de l’excellence de l’agriculture

Le Sia accueillera les finales du 127e Concours général agricole, copropriété du ministère de l’Agriculture et de l’alimentation et du Ceneca. Depuis 1870, il sélectionne les meilleurs animaux reproducteurs et produits issus du terroir français.

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Les meilleurs animaux reproducteurs de l’élevage français sont sacrés lors de ce concours.
Les meilleurs animaux reproducteurs de l’élevage français sont sacrés lors de ce concours. - © Agence de presse

La participation au Concours général agricole est une véritable aventure collective dont les prestigieuses finales nationales sont l’aboutissement attendu après de longs mois de préparation dans toutes les régions françaises. Y être distingué est une immense fierté pour l’éleveur, le producteur ou le jeune professionnel, une reconnaissance motivante et, pour les producteurs et les éleveurs, un puissant levier pour le développement commercial de leur activité. Le concours est décliné dans les catégories animaux, vins, produits, jeunes professionnels et bonnes pratiques agro-écologiques.

Le Concours général des animaux

Passage obligé pour toute visite du Salon International de l’agriculture, le Concours général agricole des animaux sacre les meilleurs animaux reproducteurs de l’élevage français issus des dispositifs collectifs de sélection, encadrés par les organismes de sélection (OS), agréés par le ministère de l’Agriculture et de l’alimentation.

Les animaux en compétition ont franchi avec succès les sélections régionales et interrégionales organisées par ces Organismes de sélection pour chacune des races éligibles au Concours général agricole des animaux sous la coordination de Races de France. Le règlement des concours des animaux encadre la dernière étape de cette sélection. Il fixe annuellement les contingents d’animaux ainsi que les critères d’évaluation morphologiques complétés par des index génétiques et de production. Les professionnels français et étrangers qui se rendent au Salon international de l’agriculture apprécient l’opportunité offerte, en quelques heures et en un seul lieu, de découvrir, prospecter et pouvoir engager les contacts commerciaux pour acquérir les meilleurs profils génétiques de la sélection animale française.

Le goût avant tout !

Le Concours général agricole récompense l’excellence de la gastronomie française avec deux concours : celui des produits et celui des vins. Pour le premier, vingt-six catégories aussi diverses que les produits laitiers, le foie gras, les huîtres, les apéritifs, la charcuterie ou la bière composent le Concours général agricole des produits. Cette longue liste de produits emblématiques de la diversité des savoir-faire agroalimentaires français n’a cessé de s’élargir pour tenir compte de l’évolution des productions et des attentes des consommateurs. Ainsi, les viandes d’agneaux et de porcs sous signes de qualité ou les confitures allégées en sucre ont intégré dernièrement le Concours. Les produits sont évalués par des jurys composés de professionnels de la filière (producteurs, représentants des métiers de bouches, négociants, distributeurs...) et par des consommateurs avertis auxquels le Concours propose, pour chaque édition, un important programme de formations à la dégustation.

En vin, le rendez-vous est très attendu du grand public et des professionnels du monde entier (négociants, distributeurs, importateurs). Ce concours accueille les vins AOC et IGP exclusivement issus des régions viticoles françaises. Les échantillons sont soumis à l’appréciation d’un jury de spécialistes composé de sommeliers, d’œnologues, de négociants, de producteurs, de courtiers et de consommateurs avertis dont les verdicts sont reconnus pour leur justesse mais aussi pour leur rigueur (moins d’un vin sur quatre a été médaillé en 2017).

Catégorie pratiques agro-écologiques

Ce concours, anciennement appelé Concours des prairies fleuries, et créé en 2010 à l’initiative des Parcs nationaux de France, est entré au Concours général agricole en 2014. Il concerne chaque année plus de cinquante territoires organisateurs et près de 400 éleveurs candidats.

L’appellation «Pratiques agro-écologiques - Prairies et Parcours» permet d’affirmer davantage les enjeux techniques et économiques des prairies naturelles et des parcours dans les systèmes d’élevage et les territoires et leur apport dans ces derniers en lien avec les objectifs de qualité environnementale et des produits.

Les bêliers Suffolk de Pierre Smessaert, habitués des palmarès au Sia.
Les bêliers Suffolk de Pierre Smessaert, habitués des palmarès au Sia. - © Dominique Lapeyre-Cavé

Des Suffolk de l’Oise à Paris

Pierre Smessaert, éleveur à Catigny, est un habitué des travées du Sia. Voilà en effet de nombreuses années qu’il présente régulièrement ses ovins Suffolk au Concours général agricole.

Cette année ne fait pas exception, même s’il aura moins d’animaux en compétition. «Les années précédentes, il y avait deux catégories : en laine ou tondu. Mais, pour cette édition, les juges n’ont souhaité qu’une seule catégorie, laine de 4 mois. Et puis, le nombre d’animaux par case est diminué, 3 au lieu de 4, ce qui limite le nombre d’animaux» explique l’éleveur. Il présentera à la porte de Versailles 4 mâles : 2 jeunes anthenais (1 an), un bélier de 2 ans et 1 adulte. Il a donc tondu ses animaux en novembre afin qu’ils aient un tiers de laine comme demandé.

Sinon, c’est dès le mois de septembre qu’il a choisi ses bêtes à concours. Il les a rentrés afin que la laine soit propre et qu’ils ne soient plus en lutte. Un régime alimentaire amélioré devrait leur permettre de présenter aux yeux experts des juges les rondeurs et masses musculaires nécessaires à des qualités bouchères supérieures. Côté mise en beauté, les jeunes mâles seront lavés une semaine avant leur départ pour la capitale, leurs ongles seront taillés de près afin d’assurer des aplombs parfaits et, la veille du concours, la laine sera égalisée manuellement grâce à des forces (ciseaux à laine).

Ceci devrait permettre aux jeunes éphèbes Suffolk de se présenter sous leur meilleur jour et de rapporter à leur éleveur de nouvelles médailles. Pierre Smessaert ne jure pourtant de rien : «on ne sait jamais ce qui va plaire aux juges, sur quels critères va se faire la différence». On prend les paris ?

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