L'Oise Agricole 09 mars 2017 à 08h00 | Par Bernard Leduc

Comment cibler les aides régionales à l'agriculture?

Marie-Sophie Lesne, vice-présidente du Conseil régional des Hauts-de-France chargée de l'agriculture et de l'agro-alimentaire, a passé sa journée du 7 mars en visites dans l'Oise.

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Marie-Sophie Lesne, vice-présidente du Conseil régional chargée de l'agriculture et de l'agroalimentaire, était accompagnée ce mardi 7 mars de deux autres conseillers régionaux, Denis Pype et Jean-Michel Serres. Ici en tribune à la maison de l'agriculture, avec Jean-Luc Poulain, président de la Chambre d'agriculture, et Guillaume Chartier, président de la FDSEA.
Marie-Sophie Lesne, vice-présidente du Conseil régional chargée de l'agriculture et de l'agroalimentaire, était accompagnée ce mardi 7 mars de deux autres conseillers régionaux, Denis Pype et Jean-Michel Serres. Ici en tribune à la maison de l'agriculture, avec Jean-Luc Poulain, président de la Chambre d'agriculture, et Guillaume Chartier, président de la FDSEA. - © Bernard Leduc

L'objectif était, un peu plus d'un an après l'installation du Conseil régional et la structuration de la région à l'échelle des Hauts-de-France, d'aborder le bilan et les objectifs pour la filière agricole. «La transversalité des actions n'a pas été la chose la plus facile à réaliser» disait Marie-Sophie Lesne, suite à cette fusion de nos deux anciennes régions du Nord-Pas-de-Calais et de la Picardie, qui regroupent 6 millions d'habitants. «On est encore en phase de configuration», ajoutait-elle, bien que l'annonce de la politique régionale agricole soit prévue cette année.

Les élus régionaux, derrière le président Xavier Bertrand, ont une très bonne connaissance de la crise agricole et de la fragilisation des éleveurs laitiers en particulier. Leur volonté est donc de les accompagner pour retrouver de la marge et pour moderniser leurs équipements. Ils avaient d'ailleurs réagi très vite et en faisant le maximum par un plan d'urgence pour l'élevage, qui avait mobilisé 4,2 millions d'EUR.

Le problème est toujours le même quand il s'agit d'aides : le cadre budgétaire et réglementaire est contraint et parfois contrarié quand il s'agit de la gestion des paiements par l'administration d'État, comme cela est le cas pour les MAE, les plans de compétitivité et d'adaptation des exploitations agricoles (PCAE) ou encore les compensations pour les inondations de fin de printemps 2016.

Le budget de l'agriculture pour le Conseil régional des Hauts-de-France ne représente que 22 millions d'euros par an, auxquels s'ajoutent 40 millions d'EUR du Feader et, pour la période 2014-2020, 257 millions des PDR.

Mais l'agriculture bénéficie d'autres lignes budgétaires, dont des aides importantes pour la recherche, entre autres pour les deux plans de compétitivité.

Marie-Sophie Lesne a rappelé les aides d'urgence décidées l'an dernier par le Conseil régional en faveur de l'élevage auxquelles il a ajouté 1,2 million pour tous les secteurs agricoles, dont une aide à l'assurance aléas climatiques ; les céréaliers peuvent demander cette aide en ligne dès maintenant, qui peut aller jusque 1.000 EUR par exploitation. Elle rappelait aussi la procédure des audits, souscrite par près de 1.000 éleveurs de la région. Cette action, dont le bilan n'est pas encore fait, sera poursuivie, en particulier par des actions de formation pour capitaliser sur les gains de productivité ou les réductions de charges déjà obtenus.

 

«Des ressemblances»

En accueillant cette délégation dans ses locaux à Beauvais, le président de la Chambre d'agriculture faisait remarquer les ressemblances sur les systèmes agricoles des deux anciennes régions, par leurs structures, leurs productions ou des dossiers communs, dont la construction du canal Seine-Nord Europe qui concerne 4 des 5 départements de la région.

Jean-Luc Poulain citait par ailleurs les Scot non validés par la Région et les trames vertes et bleues avec le schéma régional de cohérence écologique (SRCE) qui avait été validé en Nord-Pas-de-Calais, mais refusé en Picardie. Pour le SRCE, «tout reste à reconstruire» répondait Marie-Sophie Lesne, mais sans hâte, pour un nouveau schéma régional d'aménagement et de développement durable du territoire (SRADDT) ; «Xavier Bertrand ne souhaite pas s'enfermer dans un zonage contraignant».

D'autres questions ont été évoquées lors de cette rencontre dont les appels à projets en cours, à propos desquels se posent les questions de l'éligibilité des dossiers et des financements : du fait de leur hiérarchisation, certains sont élaborés pour rien, alors que d'autres dossiers ont bénéficié d'aides importantes, en consommant une forte part de l'enveloppe budgétaire. D'où la proposition de limiter l'aide à 50 %, voire moins, du montant des investissements éligibles.

D'autres sujets ont été abordés, dont une demande de financement par la région pour le remplacement des éleveurs et une harmonisation régionale des aides pour les aménagements de logements pour étudiants pour le réseau Campus Vert. Hervé Ancellin a aussi regretté que les aides négociées auprès de Voies Navigables de France pour financer des projets dans les exploitations impactées par le futur canal à grand gabarit soient perdues, faute d'avoir été inscrites dans le PDR.

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