L'Oise Agricole 21 décembre 2017 à 08h00 | Par Marie-Astrid Batut

Clés pour monter en gamme la filière viande bovine

Dans son plan, remis le 15 décembre, la filière bovine souhaite accompagner la montée en gamme de la viande française, mais aussi permettre une meilleure répartition de la valeur entre les différents acteurs.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
élevage allaitant
élevage allaitant - © François d'Alteroche

Dans la filière viande bovine le plan de filière a été acté le 10 décembre, et remis au ministre de l’Agriculture, le 15 décembre. Pour construire ce plan et faire avancer la filière, les acteurs se sont appuyés sur le dis-cours prononcé par le président de la République, le 11 octobre à Rungis, lors de la clôture du premier chantier des États généraux de l’alimentation. L’interprofession a valorisé les travaux réalisés ces dernières années par Interbev pour structurer la filière.

Cédric Mandin, secrétaire général de la FNB (Fédération nationale bovine), confie cependant «qu’avec vingt-et-une familles d’acteurs présentes lors des négociations, les discussions n’ont pas toujours été évidentes. Il a parfois été difficile d’acter les propositions finales, mais la filière a réussi à poser les choses pour avancer». La filière bovine viande était en avance sur d’autres filières car, depuis 2014, Interbev a engagé des concertations des ONG (France nature environnement, la Fondation Nicolas Hulot, Green Cross France et Territoires et WWF France) et des associations de consommateurs pour établir la stratégie de la filière. Ainsi, pour Cédric Mandin, «avoir des ONG et des associations à la table des négociations, ce qui était demandé par le président de la République, n’était pas nouveau pour nous. Nous avons pu nous appuyer sur les travaux réalisés en collaboration avec ces organisations pour faire avancer ce plan de filière».

Doubler la production de viande AB

Pour répondre aux attentes des consommateurs, la filière souhaite, en cinq ans, doubler les tonnages de viandes bovines produites en agriculture biologique. Afin d’accompagner la montée en gamme et garantir la régularité de la qualité de la viande, la filière veut retirer du marché la viande issue d’animaux trop maigres (état d’engraissement niveau 1). Cédric Mandin confirme que «cette exclusion permettra aux consommateurs de ne plus être déçus par de la viande de mauvaise qualité».

Interbev envisage également une refonte de la segmentation en deux niveaux. Le niveau de base serait présenté sous le label viande de France et le deuxième niveau sous le label rouge. Ce dernier devra être démocratisé pour la viande bovine, et les critères seraient améliorés pour permettre une montée en gamme, un meilleur respect de l’environnement et du bien-être animal. Comme de-mandé par le président de la République, la filière a également pour ambition d’inverser la contractualisation et la construction du prix, qui devra prendre en compte les coûts de production.

Elle a donc pour objectif de contractualiser 30 % de la viande vendue en France. Afin de permettre une meilleure ré-partition de la valeur et un meilleur équilibre, la filière propose une meilleure valorisation du haché, en li-mitant les promotions sur ce produit. Alors qu’actuellement seulement 34 % de la viande vendue en restauration hors foyer est d’origine française, le plan de filière propose que, dans dix ans, 80 % de la viande soit d’origine française.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Oise Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui