L'Oise Agricole 30 septembre 2016 à 08h00 | Par L'Oise Agricole

Christiane Lambert: «La mobilisation de la profession agricole porte ses fruits»

Le ministre a annoncé ses derniers arbitrages au Space sur les seuils pour l’étiquetage de l’origine du lait et des viandes dans les produits transformés. Retour sur un combat syndical long et collectif avec une interview de la vice-présidente de la FNSEA.

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Christiane Lambert
Christiane Lambert - © Bernard Leduc

Pouvez-vous nous retracer votre combat?

Christiane Lambert : Les producteurs ont à cœur de faire connaître aux consommateurs la provenance des produits qu’ils achètent. C’est le moyen de faire reconnaître équitablement leurs efforts et leurs engagements, dans un contexte où les règles environnementales et sociales pèsent souvent un peu plus lourd sur les exploitations françaises qu’ailleurs. D’ailleurs, les consommateurs exigent aussi de plus en plus fortement cette information.

Forts de ce soutien, nous avons multiplié les actions depuis deux ans déjà sur le thème de «produire français pour manger français». Les Jeunes Agriculteurs ont mis le sujet sur le devant de la scène en stickant les «viandes de nulle part».

Enfin, la pétition lancée au moment du Salon de l’agriculture avec nos AS animales, Coop de France et JA, en partenariat avec UFC-Que Choisir et Familles Rurales, avait clairement mis en évidence l’adhésion des consommateurs à notre démarche. Le ministre a finalement obtenu de Bruxelles la possibilité de conduire une expérimentation nationale de 2 ans.

Qu’attendez-vous de cette expérimentation?

C.L. : Aujourd’hui, selon l’étude menée en 2016 par UFC-Que Choisir, 54 % des produits ne mentionnent pas l’origine de la viande qu’ils contiennent ! Et pourtant, le rapport de la Commission européenne de 2013 indiquait que 90 % des consommateurs jugeaient important la mention de l’origine sur l’étiquette, quel paradoxe !

La transparence est devenue une condition de la confiance et l’origine française un gage de qualité, nous nous en félicitons. Il faudra bien que chaque partenaire de la chaîne alimentaire en prenne son parti.

Donnons les moyens au consommateur d’être plus citoyen dans ses achats en lui apportant tout simplement l’information de la provenance des ingrédients, même dans les produits transformés. Pour nous producteurs, c’est un gage de création de valeur et de développement des débouchés en faveur de nos productions françaises.

Et maintenant, la prochaine étape?

C.L. : Nous attendons avec impatience la mise en œuvre effective de l’expérimentation au 1er janvier 2017. Tous les produits contenant plus de 8 % de viande(s) seront tenus d’indiquer leur(s) origine(s), seuil permettant d’intégrer la plupart des plats cuisinés.

Pour le lait, le seuil de 50 % prendra en compte la quasi-totalité du lait et des produits laitiers concernés par le périmètre de décret, même si on peut regretter que certains produits tels que les crèmes dessert ou les glaces soient hors champ de l’expérimentation. Bien entendu, les produits AOC ou fermiers sont exonérés car comportent déjà une origine plus précise. Nous avons aussi obtenu l’équivalence des démarches interprofessionnelles Viandes de France et Lait de France.

Nous préparons déjà l’étape suivante puisque l’enjeu sera désormais de pérenniser cette expérimentation, lancée pour 2 ans au niveau national, en étendant le dispositif au niveau européen. Des États membres se montrent déjà intéressés par l’initiative française (Italie, Portugal, Lituanie, Grèce, Finlande…) et tant mieux !

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BERTRAND (40) | 30 septembre 2016 à 10:40:55

Tout cela est très bien à conditions que nos producteurs et leurs familles vivent décemment de leur travail..."NOURRIR A BAS PRIX LA FORCE DE TRAVAIL NÉCESSAIRE A L ACCUMULATION DU CAPITAL" Les termes d'échange sont faussés, 1 heure de travail dans le secteur industriel ne correspond pas à 1 heure de travail en Agriculture... Commençons par compter toutes les heures des grands parents, des tontons et des voisins..Tout ces gens là souvent avec une retraite de misère apportent des heures de travail jamais rémunérées... Si moyennant qques denrées.. Un chef d'exploitation rémunéré au SMIC..quelle honte, un pays peut-il être fier d'une telle entorse..

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