L'Oise Agricole 10 février 2018 à 13h00 | Par Dorian Alinaghi

Chevrières : une campagne betteravière qui se déroule bien

Le mercredi 31 janvier, les adhérents de la coopérative betteravière de Chevrières (Groupe Tereos) étaient réunis en assemblée générale mixte.

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De gauche à droite : François Leroux, le prochain président du conseil de surveillance de Téreos, Thierry Lecomte, président actuel du conseil de surveillance de Téréos, Gilles Bollé, président du Cedus, et Alexis Duval, président du directoire.
De gauche à droite : François Leroux, le prochain président du conseil de surveillance de Téreos, Thierry Lecomte, président actuel du conseil de surveillance de Téréos, Gilles Bollé, président du Cedus, et Alexis Duval, président du directoire. - © Dorian Alinaghi

L’assemblée générale mixte a débuté par les remerciements de Gilles Bollé, président de la Coopérative de Chevrières, aux coopérateurs et aux salariés alors que s’achevait ces jours ci la première campagne sucrière postérieure à la fin des quotas sucriers le 30 septembre dernier : «lors de notre assemblée générale 2017, nous avions misé sur l’avenir de la betterave. Nous pensions dépasser les 130 jours. Cette année, grâce aux très bons rendements, , nous allons faire 148 jours».

Dans un contexte de baisse des prix consécutive à la libéralisation du marché, l’allongement de la campagne permet en effet de réduire les coûts de transformation de la betterave et a permis à Tereos de garantir à ses coopérateurs un prix minimum de 25 €/t de betteraves pour les campagnes 2017-2018 et 2018-2019.

Gilles Bollé a également salué et remercié le maire de Chevrières, Hervé Cosme, pour son soutien dans l’activité de la sucrerie qui aura connu cette année un développement de sa production de plus de 30 %. Gilles Bollé a rappelé toute l’attention portée dans ce contexte au transport et à la sécurité routière.

Perspectives agronomiques

Pour l’usine de Chevrières, les résultats provisoires sont bons et le rendement s’élève à 96 tonnes par hectare avec une richesse moyenne de 18,8. La campagne 2017 a débuté avec une date de semis plutôt tardif, les températures élevées du printemps ont permis aux betteraves de combler puis de dépasser leur retard pour couvrir 8 jours plus tôt.

Une partie des résultats s’explique par une bonne adaptation de la dynamique des arrachages. En 2017, 50 % des betteraves ont été récoltées après le 6 novembre, permettant ainsi de profiter pleinement de la croissance automnale et de limiter les pertes en silos.

Confiant dans le potentiel agronomique de la betterave, Alexis Tordeur, responsable du service agronomique, a expliqué que les résultats auraient pu être encore meilleurs. «Cette année, la première fenêtre de semis était une nouvelle fois la bonne. Les derniers semis ont souffert du sec et 15 % de la surface de Tereos ont été affectés par des doubles levées, ce qui a entamé le rendement global de 2,7 %. L’arrière-saison chaude et orageuse a favorisé le développement de maladies qui a réduit le rendement global de 1,5 %. Pour limiter les blessures lors de la récolte, la betterave connectée, développée cette année par Tereos, permet de mesurer la fréquence et l’intensité des chocs lors de l’arrachage. Plus le choc est violent, plus le taux de pourriture est élevé. Au final, le cumul de ces trois facteurs montre que le rendement 2017, bien que très bon, aurait pu encore être plus élevé de 4,5 tonnes à 16. Nous aurions pu faire 100 tonnes de moyenne», souligne Hervé Nouvellon, directeur agricole.

Bilan et perspectives agricoles

Quelques chiffres ont ouvert le bilan agricole global de Tereos : plus de 95 tonnes à 16 sur 215.000 hectares, soit 20,3 millions de tonnes à 16 réceptionnées sur 148 jours de campagne. Un très bon bilan de cette première campagne longue et des conditions climatiques qui ont permis au rendement de se maintenir. Dans une logique d’amélioration continue, les prochaines campagnes permettront d’améliorer la mise en œuvre des derniers arrachages, la gestion des emplacements sur cette même période, l’optimisation de la protection ainsi que les cultures possibles après les derniers arrachages.

Focus sur la protection, ce sont 9,5 millions de tonnes qui ont été protégées contre le gel cette année. Les planteurs ont eu le choix entre trois solutions : le paillage, le bâchage manuel ou le bâchage mécanisé. Chaque opération a couvert un tiers des stocks concernés.

Côté communication, Tereos a lancé en 2017 l’application smartphone Tereos Coopérateurs, qui permet au planteur d’échanger facilement avec sa coopérative, de se tenir informé de son actualité, de suivre son activité en temps réel ou encore d’obtenir des informations utiles au pilotage de son activité.

Sur le plan agricole, 4 grands chantiers se poursuivront en 2018 : les innovations autour de la transformation digitale, la logistique, la nutrition animale et l’accompagnement des coopérateurs pour une agriculture durablement performante.

Financement

Au niveau du groupe, les résultats au 30 septembre 2017 se sont maintenus à un bon niveau. L’EBITDA a marqué une hausse de 20% à 655 millions d’euros. Le ratio de marge a progressé à 13 %, contre 12,3 % l’année précédente.

Ces résultats opérationnels traduisent la bonne marche de l’entreprise, les excellents résultats des activités au Brésil, ainsi qu’une conjoncture plus favorable pour Tereos Sucre France en 2016-2017. Le résultat net, clos au 31 mars 2017, était de 107 millions. Au Brésil, Tereos a affiché de très bons résultats, réalisant sa meilleure performance historique.

«Tous ces bons résultats traduisent les efforts majeurs que nous avons réalisés les 10 dernières années dans la betterave en France en termes de productivité industrielle et d’allongement de durée de campagne afin de maintenir des résultats satisfaisants et de ne pas répercuter aux planteurs les impacts de la baisse des prix provoquée par les réformes successives du régime sucre en Europe» affirme Olivier Casanova, directeur financier de Tereos.

Gilles Bollé, par ailleurs président du Cedus, l’organisme interprofessionnel d’information sur le sucre, conclut : «Le produit sucre est inattaquable, c’est un produit naturel, nécessaire au bon fonctionnement de l’organisme.

Tout réside dans l’équilibre alimentaire et les modes de consommation. Nous faisons un produit de qualité dont nous pouvons être fiers.» L’assemblée générale s’est terminée par l’accueil du nouveau président du conseil de surveillance de Tereos, François Leroux, qui prendra ses fonctions le 20 février.

 

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