L'Oise Agricole 23 février 2017 à 08h00 | Par L'Oise Agricole

Ceta: début d’application provisoire dès le printemps

En attendant sa ratification définitive par les parlements nationaux et régionaux de l’UE, le Ceta va pouvoir être mis en oeuvre de façon partielle et provisoire dans les prochaines semaines.

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- © Emilie Durand

Approuvé le 15 février à Strasbourg par le Parlement européen (408 voix pour, 254 contre, 33 abstentions), l’accord de libre-échange (Ceta) entre l’UE et le Canada, qui avait été signé le 30 octobre 2016, devrait être applicable au printemps de façon partielle et provisoire, en attendant sa ratification par les trente-huit parlements nationaux et régionaux des Etats-membres de l’Union, un processus incertain qui prendra des années.

libéralisation des échan ges va donc être mise en oeuvre provisoirement, dans la limite, toutefois, de contingents d’importation à droit nul ouverts graduellement pour plusieurs produits agricoles sensibles -boeuf, porc, blé, maïs doux du côté eu ropéen, fromages du côté canadien-, aucune concession mutuelle n’étant en revanche prévue pour la volaille et les oeufs.

 

«Menace» ou «fantasme», les divisions politiques

A Strasbourg, où manifestaient quel que 700 opposants au Ceta, les Verts, l’extrême-gauche, l’extrême-droite et certains socialistes ont voté contre l’approbation de l’accord par le Parlement européen. Au sein du groupe socialiste (S & D), la délégation française,par exemple, a fustigé «une menace directe pour l’emploi qui n’intègre pas l’urgence climatique et environnementale, ni le principe de précaution».

Le vote favorable fait «primer la défense des intérêts eu ropéens sur les fantasmes», se sont réjouis, en revanche, les Français Tokia Saïfi et Franck Proust, membres du groupe démocrate- chrétien (PPE), le plus important du Parlement, favorable à l’accord.

 

Le boeuf inquiète

De leur côté, les députés français, membres du groupe PPE, Michel Dantin et Angélique Delahaye, se sont abstenus en s’expliquant : «Nous croyons fondamentalement que le Ceta est équilibré pour l’Europe, dans son volet général comme dans son chapitre agricole», ont-ils expliqué dans une déclaration commune.

En ouvrant totalement le marché canadien aux producteurs européens, il peut constituer une opportunité pour le secteur bovin européen! Nous déplorons l’absence d’annonces de la Commission européenne, qui pourrait à l’instar du Canada pour le secteur laitier, proposer un plan de compensation et de structuration du secteur bovin européen, pour lui donner toutes ses chances d’exploiter les opportunités qu’offre le Ceta.

 

Réactions diverses

L’interprofession française du bétail et de la viande (Interbev) a déploré le vote du Parlement européen, mais reste mobilisée en vue de la ratification de l’accord par le Parlement français, tandis que la Fédération nationale bovine (FNB) a demandé à Bruxelles des mesures compensatoires pour l’élevage.

Le Copa-Cogeca estiment, pour leur part, que le Ceta offre des opportunités au secteur agroalimentaire des deux côtés, si les échanges sont gérés comme il se doit pour éviter des perturbations du marché. Et de souligner le meilleur accès des produits laitiers et du vin de l’UE au marché canadien tout en restant vigilants spécialement vis-à-vis de l’accès accru au marché de l’Union pour le boeuf et le porc canadiens.

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