L'Oise Agricole 07 décembre 2017 à 09h00 | Par Vincent Yver, Dorian Alinaghi, Dominique Lapeyre-Cavé

Cernodo, Cerfrance60 et Ucac font leur assemblée générale

Cernodo, Cerfrance60 et Ucac ont fait leur assemblée générale afin de faire le bilan et le rapport à leurs adhérents.

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AG du Cernodo* (Comité pour l’expansion rurale du Nord-Ouest du département de l’Oise).
AG du Cernodo* (Comité pour l’expansion rurale du Nord-Ouest du département de l’Oise). - © Vincent Yver

Avis de grande chaleur sur le Nord-Ouest ce lundi 4 décembre. Pour son assemblée générale, le Cernodo avait fait le choix d'inviter Cécile Foissey, coach, pour parler de bien-être.

«Le bien-être, le bien-être, tout le monde en parle, tout le monde le cherche et finalement, on finit par être mal à vouloir être bien !» D'entrée de jeu, l'intervenante donnait le ton, avant de poursuivre : «J'entend souvent dire que c'est le contexte qui fait tout ! Si on nous payait mieux, on serait heureux, nous les agriculteurs ! Pourtant, les scientifiques ont déjà répondu à cette question : le bonheur dépend de 50 % de notre caractère, et donc de facteurs génétiques, de 10 % des circonstances extérieures et de 40 % de nos réactions à ces circonstances... Cette nouvelle est juste géniale !» s'est exprimée l'intervenante.

Cécile Foissey témoignait donc de son expérience de coach et d'accompagnement des humains en insistant : «le bonheur, c'est un choix ! Mais ce qui se passe, c'est que l'être humain s'habitue vite à ce qui est bien et préfère relever et s'attarder sur ce qui est plus négatif. Cela est dû à notre histoire lointaine puisque l'homme préhistorique, pour survivre, devait être super vigilant sur tout ce qui était mauvais pour lui et nous avons gardé cela dans notre patrimoine génétique». Selon elle, ce qui est dingue, c'est que le bien attire le bien et inversement.

Par contre, pour contrer une pensée négative, il faudra avoir trois pensées positives : «donc vous imaginez le nombre de choses positives qu'il doit nous arriver pour dire que la journée a été bonne» ! C'est sur cette tonalité résolument très positive, et quelques fois provoquantes, que l'intervenante a su bousculer et faire réfléchir les 80 agriculteurs et agricultrices présents sur la notion de «bonheur». Ce lundi soir pour le Cernodo, le bonheur était bien dans le pré !

Des groupes en plein boom !

Avant la conférence, les adhérents du Cernodo avaient rendez-vous pour leur assemblée générale statutaire. Ainsi, la présidente, Marie-Pierre Crosnier, a pu dresser un bilan de l'année écoulée et quelques perspectives pour 2018 qui s'annonce.

En 2017, le Cernodo représente 243 adhérents sur une zone géographique représentant le quart Nord-Ouest de l'Oise. Ces 243 adhérents participent aux activités et à la vie des 15 groupes qui composent le Cernodo.

Les six groupes cultures ont organisé plus d'une cinquantaine de tours de plaines, les groupes lait ont travaillé sur leurs coûts de production et en particulier, sur la maîtrise de l'alimentation et la stratégie en mécanisation.

Le groupe féminin et le groupe stratégie d'entreprise ont abordé de nombreuses et différentes thématiques telles que les assurances, la gestion de la trésorerie ou, comme le sujet de la conférence de l'AG, le bien-être au travail. Enfin, le groupe Bio a réfléchi autour de la notion de fertilité du sol. Une année encore riche en formations et réunions.

Hervé Gougeon, président du groupe Edifia.
Hervé Gougeon, président du groupe Edifia. - © Dorian Alinaghi

C'est en début de soirée au Cinéspace de Beauvais qu'a eu lieu l'assemblée générale de Cerfrance 60. Ni film, ni pop-corn, le cabinet de conseil et d'expertise comptable a fait son assemblée générale dans le but de permettre à tous les clients sociétaires d'y participer.

«Notre objectif est d'accompagner nos adhérents dans leur entreprise et dans leur projet. Nous sommes passés d'une mauvaise année à une meilleure année. En effet, la récolte céréalière de l'année 2017 a été correcte à l'inverse de certains secteurs de notre département où le résultat des rendements était moyen. À cela s'ajoute un prix de vente qui ne couvre pas toujours le prix de revient. L'année 2016 aura laissé des séquelles, tant au niveau de la trésorerie qu'au niveau de l'esprit. La conjoncture agricole évolue et la suppression des quotas nous confronte à la dure réalité de la loi du marché. Aujourd'hui, nous devons nous intéresser au système de prévention des risques, ou encore à l'assurance récolte et bien d'autres choses.» explique Jean-Michel Decherf, président de Cerfrance 60.

Cerfrance60 surfe sur le numérique

Avec un nombre de 2.862 adhérents, soit une augmentation de 2, 4 % par rapport à l'année précédente et un chiffre d'affaire de 11.072.000 euros en 2017, Cerfrance 60 propose des services adéquats. Outre ses compétences en tenue et certification de comptabilité, en optimisation fiscale et sociale, en accompagnement réglementaire et en accompagnement sur l'ensemble des obligations déclaratives, en conseil d'accompagnement et spécifique (juridique, fiscal, social, patrimoine, QHSE, marketing, commercial...), en accompagnement dans la gestion du personnel (fiche de paie, déclaratif, suivi social...) ainsi que veille, la fourniture de références, et même la formation, Cerfrance 60 s'oriente et se positionne vers le numérique.

Des services sont développés afin de s'adapter aux évolutions technologiques pour anticiper les changements. Pour commencer, la communication se développe sur les réseaux sociaux. Autre service proposé, la saisie en ligne via internet devenue possible avec Web compta, un service développé avec Isagri. Pour les artisans et commerçants, avec Demat box, petit boitier permettant la scannérisation des factures et intégration de ces dernières en comptabilité.

Il y a aussi l'outil extranet Cerfrance Connect, avec deux rubriques : une centrale d'achat pour l'ensemble des adhérents du réseau Cerfrance, et un comité d'entreprise possible à partir du premier salarié, par une faible cotisation annuelle de son employeur. On compte aussi Devis facturation qui permet non seulement d'établir toutes les factures avec les normes appropriées, mais aussi de transposer les devis en factures.

Les résolutions adoptées à l'unanimité

Les résolutions de Cerfrance60 ont été déclinées en cinq axes, toutes adoptées à l'unanimité. La première consiste à approuver les opérations traduites de ses comptes, par le biais de l'assemblée générale qui donne quitus aux membres du conseil d'administration et au commissaire aux comptes de l'exécution de leurs mandats au titre de leur exercice écoulé.

La deuxième concerne l'AGC60, à savoir que l'assemblée générale décide d'affecter le résultat bénéficiaire clos le 30 juin 2017 aux comptes reports à nouveau. Le report à nouveau après affectation s'élève à 261.524, 64 euros.

La troisième se rapporte au vote de l'exercice du budget 2017-2018, plus précisément, après avoir pris connaissance du budget, l'assemblée générale vote l'exercice du budget 2017-2018 tel qu'il a été présenté.

La quatrième permet l'approbation des conventions de l'article L612-5 du code du commerce. Après avoir entendu la lecture du rapport du commissaire aux comptes sur l'article L612-5 du code du commerce, l'assemblée générale approuve le rapport et la convention qu'il lui est mentionné.

Enfin, la dernière résolution s'appuie sur la nécessité de l'élection des quatre administrateurs. Ces derniers, avec un total de 220 votes, sont : Jean-François Breton, Vincent Loisel, Benoît Le Vasseur et Adrien Dupuy.

L'assemblée générale s'est terminée par une conférence d'Hervé Gougeon, président du groupe Edifia. Drôle, surprenant et positif, il est intervenu au sujet de la réussite de l'entreprise. Motiver, booster, collaborer, agir, rencontrer, échanger, il connaît les secrets de la réussite, en ayant toujours le sourire, qui plus est.

Cerfrance 60 revient en 2018 avec de nombreuses formations, notamment au printemps, concernant l'agriculture biologique, la loi de finance 2018 et le futur projet de prélèvement à la source concernant l'impôt sur le revenu.

Assemblée générale de l’Ucac pour dresser le bilan d’une récolte 2016 qui restera dans les mémoires.
Assemblée générale de l’Ucac pour dresser le bilan d’une récolte 2016 qui restera dans les mémoires. - © Dominique Lapeyre-Cavé

Denis Grison, le directeur, a dressé le bilan d'une récolte 2016, pire que celle de 1976, aux dires des plus anciens. La collecte globale de la coopérative a baissé, passant de 182.000 t en 2015 à 120.000 t. Les causes bien connues en sont les mauvais rendements dus à des excès d'eau, au manque de lumière et à la pression maladies et à la mauvaise qualité des grains qui en a découlé.

La moisson s'est pourtant bien déroulée : 5 jours pour rentrer les escourgeons et les blés moissonnés au 15 août. Le constat a été sans appel : un tiers de récolte en moins en blé, maïs et pois, un quart en colza et 27 % en escourgeon.

Le blé a carrément décroché de 37 %, avec une récolte à 77.000 t. De plus , la qualité était loin d'être au rendez-vous : des PS mauvais à 71, des protéines à 13, seul l'Hagberg était correct. Malheureusement, la qualité des protéines ne satisfaisait pas les critères de la meunerie et les teneurs en mycotoxines pouvaient parfois être un peu élevése, sur du Bermude notamment.

La part de BPMF (blés panifiables pour la meunerie française) semés était élevée en 2016, 85 % contre 15 % pour les BAU. C'est ce qui a permis de «sauver» la valorisation de la récolte par l'Ucac.

Le vrai travail du grain

Car le challenge était là : comment valoriser au mieux une récolte aussi hétérogène et de moindre qualité ? Stéphane Gilet, directeur de la logistique, a expliqué toutes les techniques que la coopérative a dû déployer pour faire des lots valorisables auprès des différents clients. Ainsi, les PS des blés étaient meilleurs dans la zone Ouest de collecte de l'Ucac. Ces blés ont donc été mélangés et toutes les possibilités de travail du grain offertes dans les différents sites de la coopérative ont été sollicitées : passages à l'épurateur, nettoyeur d'Étouy remis en service après 25 ans d'arrêt, transport de lots limité aux sites voisins pour y être traités. Du blé d'Avrigny a été traité à Cugnières, la moitié de la collecte de Mouy a été transférée à Cambronne, Jouy-la-Grange a accueilli du blé de Saint-Sulpice.

À chaque étape du traitement, des pertes ont été constatées, qui ont fini en blé fourrager. N'empêche : sur les 65.000 t de BPMF collectés, 50.000 t ont pu être valorisées comme telles suite au travail mené pour améliorer les critères. La volonté était réelle de tirer le meilleur parti de la récolte et les outils existants ont été optimisés à cette fin.

Les autres produits

18.700 t d'orges de printemps et d'hiver ont été collectées, soit une baisse de 24 % par rapport à l'année précédente. 80 % des surfaces avaient été semées en brassicole mais, finalement, une grosse partie a été déclassée. Seules les orges de printemps ont moins déçu : 1.900 t ont pu être vendues aux normes de la malterie. 2.700 t d'orges d'hiver ont été commercialisées.

En colza, seules 12.700 t ont été collectées, soit un quart de moins que l'année précédente. Pour le maïs, la baisse est encore plus sensible (- 34 %) car moins de surfaces avaient été semées. La coopérative a globalement bien valorisé cette mauvaise récolte et dégage une résultat d'exercice de 177.000 EUR (226.000 EUR en 2015-2016) et affiche un bilan à hauteur de 41.801 kEUR.

Les investissements ont été réduits et des efforts sont fournis pour baisser les charges. 96 % de la collecte a été payée au prix confiance aux adhérents, soit aux alentours de 150 EUR/tonne. La réunion a également permis l'élection de nouveaux membres au conseil d'administration : Isabelle Patin, Patrick Alluyn, Jean-Pierre Portemer, Éric Jeanty et Philippe Vanderhaegen.

Le mot de la fin est revenu à Hans Dekkers, interrogé sur l'utilisation des phytosanitaires. Il a assuré que l'Ucac travaille avec d'autres à toutes les pistes d'amélioration en ce sens, mais qu'il faudra du temps pour trouver les solutions, «car les agriculteurs ont toujours su trouver des solutions à tous les problèmes rencontrés depuis des siècles.»

L'UCAC Clermont Déménage

Un des gros dossiers qui sera mené par l’Ucac en 2018 et 2019 concerne le déménagement de ses bureaux et du magasin Gamm vert de Clermont. Voilà en effet des années que la coopérative est en discussion avec la mairie de Clermont qui souhaite acquérir le foncier de la coopérative et du magasin pour aménager la gare.

Un accord a finalement été trouvé à 1.850.000 euros avec libération des lieux en mars 2019. Une réunion est organisée le 13 décembre avec les agriculteurs qui livrent à Clermont pour trouver une solution. D’ores et déjà, les bureaux du siège seront réinstallés dans la zone commerciale de Fitz-James fin 2018 car des locaux ont été acquis par la coopérative.

Un nouveau magasin Gamm vert, presque trois fois plus grand que l’actuel (900 m2 en intérieur, 1.800 en extérieur), sera construit dans cette même zone commerciale avec un fort potentiel de développement.

Récolte 2017 : ouf

La coopérative a heureusement récolté 152.000 t, avec des rendements normaux et une bonne qualité sur les principales productions. Les orges seront valorisées en brasserie car les critères le permettent : bon calibrage, bon taux de protéines. Le marché mondial des orges est d’ailleurs porteur, avec des stocks limites et une bonne valorisation de la production.

Quant au blé, les cours mondiaux restent malheureusement bas car 2016 et 2017 ont vu des récoltes record. La production et la consommation de blé augmentent, la consommation étant même supérieure à la production depuis 2 ans, ce qui entraîne une baisse des stocks, point positif pour l’évolution des cours.

Mais la Russie, dont la production est croissante, favorisée par le réchauffement climatique, devient un concurrent sérieux de l’Union européenne et des USA. Hans Dekkers faisait part de la forte impression que lui a fait l’agriculture russe lors d’un voyage sur place : des sols de qualité, un accès à des ports en eaux profondes suite à l’annexion de la Crimée, des structures qui se construisent, des voies ferrées qui s’installent. Voilà un concurrent qui a ravi à l’Europe les marchés de l’Afrique du Nord et de l’Égypte.

Le marché des oléagineux reste porteur du fait de l’augmentation du niveau de vie d’une partie de la population mondiale : plus de viande (donc de tourteaux) et d’huile au menu et surtout une consommation dynamique en biocarburants. La demande est forte et les prix se sont stabilisés à hauteur de 370 €/t. Le taux d’incorporation des biocarburants semble vouloir être maintenu à 7 % pour l’instant mais, néanmoins, en France, les triturateurs ont des marges réduites et des fermetures d’usines sont annoncées.

Côté pois, le marché est éteint, l’Inde et ses voisins ayant fermé leurs marchés et les cours restent bas. Seul le marché du maïs pourrait concerner de plus grandes surfaces à l’Ucac avec une production locale généralement de qualité et des clients fidèles, notamment pour l’alimentation des animaux de compagnie.

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