L'Oise Agricole 10 décembre 2015 à 08h00 | Par Laurence Geoffroy

CapSeine : poursuite de sa politique de diversification

Malgré les turbulences de l’année 2014-2015, Cap Seine est restée optimiste lors de son assemblée générale, vendredi 4 décembre.

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Jean-Jacques Prévost, agriculteur dans l’Eure, président de CapSeine (et qui passera la main le 6 janvier prochain) et Patrick Aps, directeur.
Jean-Jacques Prévost, agriculteur dans l’Eure, président de CapSeine (et qui passera la main le 6 janvier prochain) et Patrick Aps, directeur. - © Laurence Geffroy

La récolte de céréales sur la zone de Cap Seine (Seine-Maritime, Eure, une partie de la Picardie) a été tendue en 2014-2015, avec des blés humides qu’il a fallu sécher et de temps de chute de Hagberg affectés, ce qui n’a pas permis à la coopérative d’exporter sur les marché habituels, tels que le Moyen-Orient. Mais grâce à du matériel de séchage acquis récemment, CapSeine a pu remettre 300.000 tonnes aux normes - avec un surcoût logistique, comme dans les autres coopératives de la région.

De plus, au cours de la campagne, contre toute attente, le marché a évolué et la Chine a acheté des blés fourragers français pour son bétail. L’ensemble de la production a donc pu être finalement vendu. En 2015-2016, c’est plutôt l’inverse. La récolte a été facile et rapide : 80 % en 6 jours !

Cependant, le marché n’est pas là. «La mer Noire a pris notre place, avec des prix plus bas. Le port de Rouen est fermé. On attend une fenêtre de tir» expliquait Patrick Aps.

Nouveaux types de contrats en pomme de terre

Concernant les légumes, là aussi, ce fut difficile pour Cap Seine pour sa première année complète dans ce secteur, avec la création de Noralliance Légumes (Pom’Alliance, Lunor). L’année 2014-2015 a été «épouvantable» pour la pomme de terre. «Nous n’avons jamais connu un contexte aussi compliqué, avec de la surproduction. Nous avons dû jeter de la marchandise. Il y a un problème d’organisation. Les surfaces ont été augmentées ces trois dernières années et les rendements sont excellents. Nous devons repenser l’architecture commerciale. Nous ne pouvons pas continuer à être exposé aux diktats du marché», détaille Patrick Aps.

Les contrats avec les producteurs de pommes de terre ont été revus cette année et des 4.500 hectares contractualisés en 2013-2014, il reste 3.500 hectares. «Nous passons d’un système ultra-libéral à un système structurel, avec des prix moyens.»

Pom’Alliance représente 20 % du marché de la pomme de terre en France. «Et sans le rachat, il n’y aurait peut-être plus de producteurs pour Lunor en Pays de Caux», pense Jean-Jacques Prevost, président de Cap Seine.

Start-up dans le lin

Autre diversification de Cap Seine, où on ne l’attendait peut-être pas : le lin. La coopérative a fait l’acquisition en 2015 de la start-up Lineo, spécialisée dans la recherche et le développement, dans le domaine des biomatériaux. Cap Seine a repris deux brevets, dont un mondial, ainsi que des machines. «Nous avons une pépite en main et en 2017-2018, nous allons passer à la phase industrielle», explique Patrick Aps. L’outil a été rapatrié à Saint-Martin-du-Tilleul, dans l’Eure. Il y a 50 à 60 emplois à la clé, pour cette production de voile de lin pour matériaux composites.

«Nous avons rencontré les quatre coopératives linières de notre territoire pour leur proposer d’intégrer la structure. Nous ne nous posons pas en tant que concurrent, mais nous apportons un débouché supplémentaire pour la filière», ajoute le directeur. Un partenariat a été signé avec l’équipementier automobile Faurecia. Une acquisition qui confirme la politique de diversification de la coopérative, à laquelle il y a «une logique de territoire», explique le président.

 

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