L'Oise Agricole 07 décembre 2017 à 09h00 | Par Delphine Jeanne

Biogaz agricole : renouvellement du partenariat

Le secteur agricole entend participer, en partenariat avec GRTgaz, à une forte augmentation du gaz renouvelable agricole injecté dans les réseaux. Pour ce faire, leur partenariat a été reconduit.

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De gauche à droite : Thierry Trouvé, Olivier Dauger, Christiane Lambert, Claude Cochonneau.
De gauche à droite : Thierry Trouvé, Olivier Dauger, Christiane Lambert, Claude Cochonneau. - © Agence de presse

«C’est du bon sens que de faire aujourd’hui de la biométhanisation dans le domaine agricole», estime Thierry Trouvé, directeur général de GRTgaz. D’autant plus que le contexte s’y prête : la loi de transition énergétique pour la croissance verte prévoit une baisse de 40 % des émissions de gaz à effet de serre en 2030 et 32 % d’énergies renouvelables dans le mix énergétique français en 2030. L’accord de Paris, quant à lui, entend limiter à 2 °C le réchauffement climatique d’ici à 2100. Or, «l’agriculture est source de solutions pour le climat», a rappelé Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, lors du renouvellement du partenariat entre l’organisation agricole, GRTgaz et l’APCA, le 5 décembre dernier.

Le secteur agricole contribue à 20 % de la production d’énergie renouvelable nationale. 13 % du parc photo-voltaïque est agricole. 83 % du parc éolien est installé en zone agricole. 96 % du biocarburant est produit par l’agriculture, et 26 % du biogaz est généré par le secteur agricole. Source de complément de revenu pour les agriculteurs, la méthanisation permet également d’accélérer la transition des exploitations agricoles vers la multiperformance, tout en dynamisant les territoires ruraux.

Elle permet aussi de valoriser les intercultures, de plus en plus fréquentes sur les exploitations pour favoriser le stockage de carbone dans les sols, mais qui ne sont pas consommables. «Pour les zones intermédiaires à faible potentiel et faiblement peuplées, il s’agit d’une voie de diversification très intéressante», ajoute Christiane Lambert.

Favoriser le développement des projets

Pourtant, alors que le gouvernement précédent a longtemps répété son objectif d’atteindre 1 000 méthaniseurs agricoles à l’horizon 2030, il n’existe sur le territoire que 570 unités de production de biogaz en France, dont 320 de méthanisation agricole. Seuls trente-huit sites en services sont des projets d’injection de biométhane, dont 60 % de projets agricoles. «Cependant, il y a actuellement 318 projets en cours d’étude, dont 75 % de projets agricoles», explique Thierry Trouvé, signe d’une forte dynamique. De 82 GWh injectés dans les ré-seaux gaziers en 2015, on devrait atteindre, fin 2017, les 500 GWh, poursuit-il.

L’objectif de 8 TWh, fixé dans la programmation pluriannuelle de l’énergie pour 2023, sera, selon lui, atteint. «On peut probablement faire beaucoup mieux et atteindre 30 % de gaz injecté dans les réseaux en 2030 au lieu des 10 % prévus», ajoute-t-il. Pour atteindre ce but, un certain nombre de leviers seront à activer. D’un point de vue financier, tout d’abord, puisque ces projets coûtent en moyenne six à sept millions d’euros. Les trois partenaires appellent ainsi à de nouveaux modes de financement soutenus par les pouvoirs publics, et mieux adaptés aux spécificités de la méthanisation agricole, d’autant plus que la recherche de financement peut ralentir la mise en place de projets qui mettent déjà un certain temps à voir le jour.

Par exemple, Alain Caillaud, agriculteur dans les Deux-Sèvres, qui a lancé son projet de méthanisation avec deux autres agriculteurs en 2012, attend désormais le constat d’achèvement pour juin 2018. «La présence de GRTgaz aux côtés des agriculteurs devrait être un élément déterminant pour rassurer les banques», estime Christiane Lambert. Parallèlement, la filière étant récente et en plein développement, un accompagnement adapté des agriculteurs est indispensable pour les aider à aller au bout de leur projet. «Il s’agit d’un investissement lourd, qui est une prise de risque pour l’agriculteur», rappelle Claude Cochonneau, président de l’APCA. Le réseau des chambres d’agriculture a formé 1 400 agriculteurs depuis 2015. «Aujourd’hui, nous avons quarante experts sur le sujet», explique-t-il.

Cet accompagnement et le développement de la méthanisation agricole, ainsi que l’appui de GRTgaz, permettront peut-être de rattraper le retard pris en France en raison d’un prix initialement trop bas ou de l’acceptabilité parfois réduite de ces nouveaux projets vis-à-vis des voisins. Le monde agricole travaille à amplifier la diffusion de références techniques. Les opérateurs gaziers investissent, par ailleurs, dans la recherche et le développement pour adapter les infrastructures à la montée en puissance du bio-méthane et pour réduire les coûts d’insertion.

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