L'Oise Agricole 02 novembre 2017 à 10h00 | Par Dorian Alinaghi

Biocer, le bio sur un plateau d’argent

Le vendredi 27 octobre, Biocer, la coopérative de céréales biologiques, a ouvert ses portes afin de dévoiler ses objectifs : s’agrandir avec un plan d’investissement de trois millions d’euros, mais aussi montrer l’importance du bio.

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Olivier Desmarest, agriculteur biologique, présente la houe rotative.
Olivier Desmarest, agriculteur biologique, présente la houe rotative. - © Dorian Alinaghi

En partenariat avec la Communauté de communes de la Picardie Verte, Biocer a voulu montrer son site de Fouilloy, bien méconnu des producteurs, des élus et du grand public, afin de faire mieux connaître l’agriculture biologique. Dès lors, un parcours sur le site a été réalisé, avec une exposition de machines spécifiques agricoles, de désherbage mécanique notamment comme une houe rotative, pour ne pas utiliser de produits phytosanitaires. Cette machine, en agriculture biologique, permet de travailler en plein sur cultures ou sol nu.

Elle a pour objectif d’arracher les plantules d’adventices présentes qui sont projetées en l’air avec le premier centimètre de sol. Un tri par densité s’effectue et les adventices se retrouvent en surface où elles dessèchent. De par sa conception et sa vitesse de travail, la houe rotative est sensible à la présence de cailloux.

Mais qu’est-ce que Biocer ? Installée dans l’Oise depuis 2010, la coopérative récolte les céréales bio. Biocer dispose de trois sites : le plus important est à Fouilloy où 5 à 6.000 tonnes sont stockées ; puis à Beaumont-le-Roger et au Plessis-Grohan, dans l’Eure. Le site de Fouilloy comprend huit cellules de stockages de 240 tonnes, 12 cellules de 120 tonnes et deux cellules de mille tonnes. Biocer regroupe 200 adhérents répartis sur 21 départements en passant des Hauts-de-France, du Centre ou jusqu’à l’le-de-France qui apportent 20.000 tonnes de céréales toutes confondues à l’année. Son chiffre d’affaire est de 10 millions d’euros.

La coopérative n’utilise que des produits naturels et d’origine animale. Elle fabrique de l’aliment du bétail avec du blé, du triticale, du maïs en grains et des protéagineux, mais aussi des produits pour l’alimentation humaine avec du blé, de l’épeautre, de l’avoine, du seigle, des lentilles, du sarrasin et bien plus encore.

Tout est bon dans le bio

Cette visite avait également pour but de sensibiliser les producteurs et élus à l’importance de l’agriculture biologique. «Il faut montrer que l’agriculture biologique a des intérêts, que ce n’est pas forcement si compliqué. On se rend compte que dans l’agriculture conventionnelle, le bio est très peu connu. De ce fait il n’y a que 2 % de surfaces céréalières bio dans la région. La difficulté de passer au bio est bien évidemment dans le changement. Donc nous voulons montrer que cette rupture est nécessaire et peut être très efficace sur nos cultures.» explique Olivier Desmarest, adhérent et ancien administrateur de la coopérative.

Pour Vincent Devyldere, administrateur de Biocer, le passage biologique est un retour aux sources de l’agriculture. «Je suis situé à Équennes-Éramecourt depuis 25 ans et je me suis converti en bio en 2010. L’agriculture conventionnelle est intéressante, mais elle a continuellement des déconvenues. De plus, la société et la mentalité changent et demandent plus de produits bio. Dès lors, ce qui est passionnant c’est qu’avec la culture biologique, nous pouvons cultiver toutes sortes de produits selon les années. J’apprends à travailler en fonction du sol et du climat. Nos ancêtres ne travaillaient pas avec des produits phytosanitaires et cela se passait très bien, alors pourquoi pas nous ?»

Trois millions d’euros d’investissements

En 2011, Biocer avait déjà réalisé un investissement important dans la modernisation made in France du site, dont l’acquisition d’un trieur, la manutention a été remis à neuf, la mise aux normes du séchoir en continu et sur la thermométrie afin de mesurer la température du grain.

Pour 2018, un projet de réhabilitation et de création de cellules de stockage va permettre à Biocer d’agrandir ses capacités de stockage. L’enveloppe serait d’une valeur de trois millions d’euros. «Tous les bâtiments vont être réhabilités et refaits à neuf, ce qui comprend la charpente et la toiture, mais aussi installer dix cellules supplémentaires» souligne Adrien Pruvost, le responsable du site. Le site de Biocer a, dès lors, de «bio» jours devant lui.

 

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