L'Oise Agricole 26 mai 2016 à 08h00 | Par Bernard Leduc

Betteraves: sécuriser économiquement la filière

Les adhérents du Syndicat betteravier de l’Oise étaient réunis en assemblée générale ce mardi 24 mai à Estrées Saint-Denis. Le thème, le syndicalisme betteravier au service des planteurs, aujourd’hui et demain.

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À la tribune, Étienne Lenaerts, directeur des syndicats betteraviers de l’Oise, de la Somme et du Nord-Pas-de-Calais, Alain Jeanroy, directeur général de la CGB, Éric Lainé, planteur dans la Marne, président de la CGB et de la commission économique de la FNSEA, et Hans Dekkers, nouveau président du Syndicat betteravier de l’Oise.
À la tribune, Étienne Lenaerts, directeur des syndicats betteraviers de l’Oise, de la Somme et du Nord-Pas-de-Calais, Alain Jeanroy, directeur général de la CGB, Éric Lainé, planteur dans la Marne, président de la CGB et de la commission économique de la FNSEA, et Hans Dekkers, nouveau président du Syndicat betteravier de l’Oise. - © Bernard Leduc

Le contexte est nouveau pour le secteur de la betterave qui vit sa dernière année de quotas. Le syndicalisme avait anticipé cette échéance afin de sécuriser la filière et de tenter de préserver le revenu des planteurs par un partage équitable des marges. La fin des quotas dès 2017 ouvre le marché à la concurrence et les groupes sucriers adoptent des stratégies parfois différentes pour chercher à sécuriser l’approvisionnement de leurs usines et à gagner en compétitivité, sous le regard attentif de la CGB. Et cela dans un monde agricole en crise, où le revenu des paysans est en berne, quelles que soient les filières, en grandes cultures et encore plus en élevage. La volatilité des prix a pour cause commune l’abandon des outils de régulation des marchés, la dernière filière concernée étant celle de la betterave.

La solidarité entre producteurs, dans ces conditions, doit être très forte. Il faut s’organiser, au niveau interprofessionnel, pour trouver les solutions qui permettront le maintien durable de cette culture dans notre région, avec des structures économiques compétitives.

Bâtir une nouvelle interprofession

Ce contexte a été rappelé lors de cette assemblée générale du Syndicat betteravier de l’Oise, qui a débuté par une présentation des comptes, adoptés à l’unanimité. L’exercice 2014-2015 a été équilibré et l’assemblée a voté pour une reconduction de la cotisation interprofessionnelle de 2 centimes d’euro par tonne de betteraves à 16.

«On entre dans un nouveau contexte» disait Alain Jeanroy, directeur général de la CGB, et l’absence de régulation nécessite un travail syndical plus fort. Le droit de la concurrence s’impose, même si des abus de position dominante ne sont pas toujours dénoncés, remarquait Hans Dekkers. Une nouvelle interprofession est à construire, toute la production sera désormais contractualisée, et le président de la CGB, Éric Lainé, rappelait qu’aucun contrat ne peut être signé en l’absence d’accord interprofessionnel. Il souhaite que le droit à restitution des pulpes aux planteurs soit maintenu.

Défendre le revenu des planteurs

Le travail du syndicalisme recouvre une multitude de points d’intérêt, rappelait Alain Jeanroy : le revenu des planteurs dépend des tonnages livrés et des prix, moins les coûts de production. Sur ce dernier point, les leviers sont multiples : le choix des variétés, l’optimisation de la densité de semis, de la fertilisation et de la protection sanitaire, ou encore la gestion de la récolte ; les gains potentiels de charges peuvent aller jusque 250 €/ha, selon les charges moyennes constatées chez les planteurs. Celles-ci sont différentes dans les exploitations, et il faut aider tous les planteurs à améliorer leurs résultats, y compris les moins performants techniquement ou économiquement.

Le travail est aussi mené sur la recherche variétale, puisque la CGB est présente dans le CTPS (comité technique permanent de la sélection). Or, l’essentiel des gains de productivité a été obtenu grâce aux nouvelles variétés, plus productives et surtout plus résistantes aux maladies ou aux stress.

Un autre point touche aux tonnages livrés : Étienne Lenaerts, directeur du Syndicat betteravier, rappelait l’important travail de gestion et de contrôle des réceptions assuré par le syndicalisme betteravier pour faire en sorte que toutes les betteraves livrées soient payées. Et dans l’accord interprofessionnel en cours de renégociation, la CGB veillera à ce que les conditions de réception y soient encore très précises.

Quant aux prix, la CGB souhaite la transparence du marché et une corrélation entre le prix de la betterave et celui du sucre, comme l’a proposé Saint Louis Sucre dans son contrat. Enfin, le revenu des planteurs dépend d’autres points, dont la diversification et le développement des débouchés, dans tous les domaines de l’énergie, de la chimie ou des autres usages non alimentaires.

La fin des quotas, donc la libéralisation des marchés, va se traduire par une augmentation des surfaces et de la production, puisque les 5 groupes sucriers présents en France cherchent des surfaces. Il y aura donc augmentation des durées de campagne, pour gagner en compétitivité : un jour de campagne en plus équivaut à un gain d’un euro par tonne. D’où le nouveau rappel pour gérer au mieux les arrachages : un arrachage retardé se traduit par une augmentation de rendement et moins de pertes en silos. «Nous devons nous remettre en cause», disait Éric Lainé en conclusion, en citant la «chasse aux gaspis» et les itinéraires culturaux, le plus simple pour un planteur étant de suivre les conseils donnés par l’Institut technique de la betterave.

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