L'Oise Agricole 03 mars 2018 à 11h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

Be Api days, l’agriculture de précision à votre portée

La coopérative Agora, qui fait partie de la démarche Be Apidays regroupant 36 coopératives de France, a lancé des rendez-vous matinaux à destination de ses adhérents afin de leur permettre d’accéder à l’agriculture de précision et particulièrement à la modulation intra-parcellaire.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Vif intérêt des participants pour les prestations Be Api présentées par Emmanuel Letesse lors de ce premier rendez-vous matinal.
Vif intérêt des participants pour les prestations Be Api présentées par Emmanuel Letesse lors de ce premier rendez-vous matinal. - © Dominique Lapeyre-Cavé

Emmanuel Letesse, responsable Easi’Nov à Agora, a présenté la démarche lors de ce premier rendez-vous à Froissy, devant une quinzaine d’agriculteurs. Il a en préambule rappelé quelques éléments : 62 % de agriculteurs voient l’intérêt de l’agriculture de précision, 60 % estiment avoir des parcelles hétérogènes et 33 % sont équipés pour faire de la modulation. Le monde agricole semble donc prêt à passer le cap et pouvoir ainsi apporter la bonne dose au bon endroit.

Le point de départ de la réflexion est la recherche des causes de l’hétérogénéité des rendements, parfois du simple au double dans une parcelle. Soit les causes sont immuables (nature du sol) et il va falloir s’adapter au contexte, soit les raisons sont corrigeables et il va s’agir de les améliorer. Deux prestations sont ainsi proposées : Be Api fertilité qui va mesurer le pH, les teneurs en P, K, CaO2… et Be Api potentiel où l’on va mesurer la productivité du sol, sa profondeur, sa réserve utile…

Améliorer et rééquilibrer

Le premier point va consister en la recherche de l’historique de la parcelle en récupérant des photographies aériennes de 1964. L’agriculteur pourra découvrir alors que sa parcelle était peut-être morcelée entre plusieurs exploitants, ou en pâture. De quoi esquisser quelques premières explications. Ensuite, il faudra déterminer des zones de la parcelle dans lesquelles procéder à des analyses de sol. En moyenne, 1,3 analyse de sol par hectare semble être le meilleur compromis pour un retour sur investissement.

Les prélèvements se feront entre décembre et février, sans apport d’engrais ni d’effluents récents. Au final, on établira la carte de la fertilité chimique de la parcelle. En y associant la culture en place (et donc ses besoins), avec la base Epiclès pour le plan de fumure, en fonction du pH du sol, le choix de l’engrais sera fait et une carte de modulation de fertilisation intra-parcellaire fournie. Le fichier numérique sera simplement inséré dans la console du distributeur d’engrais équipé.

Les premiers résultats de cette pratique ont été fournis par le Ceta de l’Eure dont certaines fermes mettent en œuvre cette modulation depuis 10 ans déjà. Le constat est une ré-homogénéisation du sol et des carences levées au bout de 2 ou 3 ans.

Emmanuel Letesse insistait sur le déroulé de la démarche qu’il faut anticiper : janvier-juin commande et récupération des contours des parcelles, septembre-novembre positionnement des points de prélèvements, décembre-février prélèvements puis analyses avec un retour en mars-avril, avril-mai réception de la carte et adoption de la stratégie d’apport avec le conseiller. Soit un an de mise en place, à intégrer avant de se lancer dans la modulation intra-parcellaire.

Be Api potentiel

La deuxième prestation proposée vise à établir une carte du sol dont on mesure la capacité au champ et la conductivité. Le passage sur les parcelles d’un conductivimètre permet de mesurer la réserve utile, la charge en cailloux. On sait alors s’il s’agit de terres superficielles ou profondes. En fonction des zones repérées, des profils culturaux sont réalisés par un pédologue, un pour environ 10 ha. Selon le profil, le potentiel de la parcelle est établi : bon, moyen, élevée. Ce diagnostic est fait à vie, il ne bougera pas.

Finalement, la question que se sont posé les participants était : peut-on choisir Be Api fertilité ou Be Api potentiel ou faut-il faire les deux pour être cohérent ? Doit-on engager l’ensemble de la ferme ou seulement une partie ? À ces questions, Emmanuel Letesse a répondu par la négative.

Bénéfices attendus

Des moyennes permettent d’avancer, avec Be Api modulation des économies d’engrais de fond de 30 à 50 €/ha et de 15 à 30 €/ha en fertilisation azotée. L’investissement est plus important la première année à cause des analyses de terre à réaliser.

Plus largement, au-delà de l’aspect purement économique, Be Api permet une meilleure connaissance des sols, d’en tirer le meilleur parti, de développer la performance économique et mieux valoriser le foncier. La modulation intra-parcellaire est résolument un mode de production d’avenir, avec une image responsable, moderne. Dans l’air du temps quoi.

A tester

Voir les photos aériennes de ses parcelles en 1964 :

remonterletemps.ign.fr

Savoir si son matériel est équipé pour la modulation intra-parcellaire :

https//beapi.coop

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Oise Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui