L'Oise Agricole 19 avril 2018 à 09h00 | Par Dorian Alinaghi

Au Travert du dispositif «Plaisir à la cantine »

Le vendredi 13 avril, au collège Abel-Didelet, à Estrées-Saint-Denis, Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, et Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, sont venus présenter le dispositif baptisé «Plaisir à la cantine».

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La démarche devrait s’étendre, à terme, à l’ensemble des collèges publics du département et national (© Dorian Alinaghi)  © Dorian Alinaghi De gauche à droite : Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture, Guillaume Chartier, président de la FDSEA60, et Jean-Luc Poulain, président de la Chambre d’Agricuture de l’Oise. © Dorian Alinaghi  © Dorian Alinaghi  © Dorian Alinaghi Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé © Dorian Alinaghi

«Une alimentation saine et équilibrée dans les restaurants scolaires des collèges de l’Oise.» Voilà le mot d’ordre de Bruno Favrie, directeur de l’établissement Abel-Didelet, à Estrées-Saint-Denis.

Le dispositif «Plaisir à la cantine» en est l’un des moyens. Cette charte engage ainsi les établissements à respecter neuf points-clés, faisant ainsi de la restauration scolaire un véritable enjeu éducatif, tant dans ses aspects alimentaires, économiques, réglementaires et de santé publique, que celui de la formation au goût des adolescents et du plaisir à manger.

Ce programme intitulé «Plaisir à la cantine» est inscrit depuis 2010 dans le PNA (Plan nationale de l’alimentation) du ministère de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire.

Destinée à tous les collèges et lycées, co-signée par le directeur de l’établissement, le représentant de la collectivité territoriale et la Draaf, la charte «Plaisir à la cantine» témoigne de l’engagement de l’établissement à inscrire la restauration dans une démarche de qualité au service des convives. Les objectifs sont clairs : réenchanter la cantine en agissant sur l’offre alimentaire pour la rendre plus attractive, tout en garantissant le respect de la réglementation relative à la qualité des repas. Il s’agit aussi de redonner du sens à l’acte alimentaire en reliant la dimension nutritionnelle aux aspects de goût, de sociabilité et de ritualité alimentaire.

En dernier lieu, la charte Plaisir à la cantine a pour objectif final de restaurer une complicité entre l’aliment, celui qui le produit, celui que le cuisine et celui qui le mange. «L’objectif est la prévention. C’est de faire en sorte que les gens grandissent et vieillissent et vivent en bonne santé. Plus on prend les bons réflexes tôt, plus on a des chances d’adopter des bons réflexes tout au long de la vie.» souligne Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé.

Les deux ministres ont pu visiter quatre stands tenus par des collégiens et montrant les différents axes du circuit court : l’approvisionnement en produits locaux, la cuisine et la transformation, l’équilibre alimentaire, et le gaspillage. Pierre Potier, président des JA60, se réjouit : «la venue du ministre est symbolique, notamment pour les produits locaux. Aujourd’hui, ces derniers ne sont pas une mode, mais un véritable phénomène de développement et un atout pour la filière agricole. Il faut que l’on soit acteur et le circuit court est un bon exemple.»

Guillaume Chartier, président de la FDSEA60, est également enthousiaste de cette visite. «Cette journée est essentielle pour montrer que le département se bouge et s’occupe de l’alimentation de nos jeunes. L’Oise s’investit pour des producteurs locaux qui se mettent en marche pour produire en fonction d’un marché précis. Le syndicat se positionne en accompagnateur et aiguilleur pour mettre en œuvre des circuits courts, pour développer des marchés de niche ou à valeur ajoutée.»

Même les élèves de l’établissement commencent à prendre goût à cette initiative. «On retrouve plus du goût dans la nourriture et on sent que l’on mange sainement» affirme Juliette Malaise, collégienne. «Commencer à apprendre à bien manger aux plus jeunes est essentiel, car, par la suite, c’est une transmission entre générations donc ces valeurs ne vont pas se perdre.» ajoute Philippine Leroi, collégienne.

L’Oise un exemple à suivre

Servir des aliments frais, cuisinés sur place et avec des aliments provenant le plus souvent de productions locales, ce service existe déjà avec le dispositif «Approvisionnement local, de saison et 0 gaspi». Le Conseil département a décidé de développer une démarche d’approvisionnement local des collèges en favorisant des produits de qualité en partenariat avec la Chambre d’agriculture et l’Education Nationale. Jean-Luc Poulain, président de la Chambre de l’agriculture de l’Oise, est fier que l’Education nationale porte une attention toute particulière au circuit court «Depuis plusieurs années avec le Conseil départemental, on essaye de développer les circuits courts. A force de persévérance, cela se progresse et la présence des deux ministres est un signe de reconnaissance. Devant la crise que touche nos grandes productions de l’Oise, céréales et oléo-protéagineux, toutes les diversifications sont bonnes à prendre, que ce soient les circuits courts, la méthanisation ou les légumes de plein champ. A cause des fast food, les personnes se sont habituées à de la nourriture remplie de graisse. Alors revenir à des produits sains, notamment au sein des cantines de l’Education nationale, c’est primordial et cela joue également sur l’avenir des jeunes, notamment au niveau de la santé.»

Proposer des produits locaux, de qualité dans les restaurants scolaires nécessite de s’assurer que les produits soient effectivement consommés et agir contre le gaspillage. Et pour Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture, l’Oise est exemplaire dans ce domaine : «le collège Abel-Didelet est un modèle en matière de ce que l’on doit faire sur la lutte contre le gaspillage alimentaire, sur une alimentation saine et durable. Au sein du ministère, on essaye de mettre en œuvre une offre locale pour que la restauration collective puisse s’adresser à des producteurs locaux. À travers cela, c’est une forme d’éducation, que ce soit au niveau du goût, du gaspillage et de l’environnement. L’Oise est un exemple dans ce domaine et il faut que la France entière suive cet exemple.»

Pour conclure cette matinée, les deux ministres ont d’ailleurs déjeuné avec les collégiens et les enseignants ainsi qu’avec plusieurs élus présents, autour de plats locaux. La démarche devrait s’étendre, à terme, à l’ensemble des collèges publics du département.

 

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