L'Oise Agricole 08 décembre 2017 à 12h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

Assurer la recette du planteur grâce à notre expertise et nos actions

Hans Dekkers est le président du Syndicat betteravier de l’Oise. Point sur la campagne en cours et sur les actions de la CGB.

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Hans Dekkers, président du Syndicat betteravier de l’Oise, plaide pour l’action de la CGB en faveur des planteurs.
Hans Dekkers, président du Syndicat betteravier de l’Oise, plaide pour l’action de la CGB en faveur des planteurs. - © kévin bertin

La campagne betteravière est bien avancée. Quel point de situation est-il possible d’en tirer?

Jusqu’à présent, elle s’est déroulée sans trop de difficultés. Nous avons bénéficié de conditions météorologiques globalement favorables. Semis dans de bonnes conditions, un printemps sec mais des pluies et de la chaleur qui ont permis aux betteraves de bien pousser, hormis certains secteurs plus séchants où le rendement est décevant. La bonne surprise de cette récolte, c’est la richesse en sucre et aussi les rendements qui font que cette année 2017 sera sans doute la meilleure jamais enregistrée dans l’Oise avec, à ce jour, 92,5 t/ha à 16, forfait collet déduit.

Reste maintenant à apprécier les conditions hivernales à venir en espérant que les périodes de gel-dégel ne seront pas préjudiciables aux silos. Pour ce faire, toutes les betteraves de fin de campagne seront protégées par le bâchage.

Par ailleurs, en cas de fortes précipitations, de mauvaises conditions météo lors des enlèvements, les routes, les chemins, les accès, les zones de roulement pourraient devenir délicates à pratiquer. Si cela devait advenir, et afin des prévenir les risques d’endommagements des chaussées ou d’accident, le plus sage serait d’arrêter les transports de betteraves et de les reprendre lorsque les conditions seront redevenues meilleures.

Et du côté des industriels, quelques échos ?

Pour ce qui concerne l’Oise, Saint Louis Sucre et Tereos semblent satisfaits. La production est bonne et l’objectif d’augmentation de surfaces est atteint avec + 20,3 % en Hauts-de-France, presque 19 % dans l’Oise. Une cinquantaine de nouveaux planteurs, essentiellement dans l’Ouest du département, se sont lancés dans la production betteravière.

Un seul incident notable à la sucrerie de Chevrières : une panne de la chaudière charbon. Mais Tereos a fait preuve de réactivité en transportant les betteraves vers d’autres usines du groupe et en trouvant des solutions de remplacement avec des chaudières fuel, ce qui n’a pas perturbé les plannings d’arrachage.

Comment se déroulent les enlèvements de silos ? Des difficultés de circulation ?

Nous avons négocié avec le Conseil départemental pour mettre en place un arrêté qui permette que les camions stationnent sur les routes départementales pendant leur chargement (NDLR : voir page 31, article sur la réglementation). L’idée étant de mieux sécuriser les enlèvements et d’éviter aux planteurs de construire des quais de chargement qui ne sont utilisés que quelques heures par an, pour un coût élevé. Pour ce faire, le planteur doit faire une demande de dérogation auprès des services du Conseil départemental et les agents décident en fonction de l’éventuelle dangerosité du lieu de chargement de la signalisation à mettre en place, soit de simples panneaux, soit des feux tricolores. La responsabilité des acteurs est claire et définie dans l’arrêté : le planteur demande la dérogation, le prestataire chargé de l’enlèvement du silo (grutier ou chauffeur du déterreur), mandaté par l’entreprise agroalimentaire, est responsable de la pose de la signalisation.

Nous avons initié cette action qui se vulgarise afin de permette une meilleure sécurisation lors des enlèvements de betteraves, par tous les temps, de jour comme de nuit, 24 h/24, en mettant moins de boue sur les chaussées, moins de tracteurs sur les routes et en transportant les betteraves au plus près de l’arrachage. Cette négociation sur la circulation a permis que de nouvelles surfaces de betteraves puissent être emblavées et enlevées sans que cela ne coûte au planteur. C’est vraiment grâce à l’expertise juridique de la CGB et à sa capacité de négocier dans l’intérêt de la filière, que cet arrêté a pu être pris.

Quels rôles joue le SBO pendant la campagne ?

De façon concrète, à Chevrières, Bucy-le-Long, Étrépagny, Roye et Eppeville, nous assurons le suivi des réceptions des betteraves. Cette présence permanente dans les centres de réception garantit une équité entre tous les planteurs, quelle que soit leur usine de rattachement, un strict respect de la règlementation sur les réceptions de betteraves et permet la meilleure évaluation des livraisons qui soit.

Par ailleurs, nous nous assurons que l’accord interprofessionnel est bien respecté et que les intérêts des planteurs sont préservés. Face aux partenaires de la filière, nous sommes la voix des agriculteurs que nous représentons. Le SBO et la CGB visent à toujours obtenir les meilleures conditions pour les planteurs. C’est possible grâce à l’expertise que nous développons, notamment par notre connaissance fine des coûts de production et des marchés. Nous pouvons ainsi examiner les contrats proposés par les industriels aux planteurs et veiller à une juste répartition de la valeur ajoutée.

En effet, à un moment où les marchés s’ouvrent, permettant l’exportation sur les marchés mondiaux, et une concurrence exacerbée sur le marché européen, le risque de voir le planteur devenir la variable d’ajustement par le prix de la betterave payé est réel. Maintenant que les quotas ont disparu et que les sucriers sont entrés dans une concurrence totale, il est plus que jamais nécessaire que les planteurs soient unis pour être toujours mieux défendus. Adhérer à la CGB, c’est s’assurer que la contractualisation sera étudiée juridiquement et que le contrat sera respecté une fois signé.

À cette fin, nous avons pu obtenir de l’Europe d’être reconnus comme pouvant négocier avec les industriels au nom des planteurs regroupés, alors que le droit de la concurrence ne reconnaissait pas jusque-là une organisation de producteurs comme la nôtre. Un acte délégué permet désormais la négociation de clauses de répartition de la valeur entre un fabricant et les planteurs qui le livrent. Nous siégeons ainsi à la CRV, commission de répartition de la valeur, qui décide de la répartition de la marge au sein du groupe Saint Louis Sucre. Chez Tereos, qui est une coopérative, c’est différent car les planteurs sont aussi porteurs de parts sociales. Dans ce cas, c’est le conseil d’administration qui décide.

C’est sans doute là l’action la plus importante de la CGB car elle touche directement au revenu des planteurs et, en tant que président du SBO, c’est ma mission première que de m’assurer que tous les planteurs seront défendus collectivement.

Pour cela, ils doivent simplement signer un mandat de prélèvement auprès de leur sucrerie. Adhérer à la CGB devient donc un acte volontaire et j’en profite pour rappeler que l’assemblée générale de la CGB a voté une baisse de cotisation de près de 26 % pour 2017-2018 (à 0,25 €/t contre 33,6 €/t en moyenne depuis 2012). C’est le prix pour continuer à s’exprimer sur sa vision du juste partage de la valeur entre planteurs et fabricants. Je compte sur les planteurs de l’Oise pour donner à la CGB le poids nécessaire à leur défense.

Le SBO et la CGB utilisent leur expertise pour s’assurer de la validité des contrats proposés par les industriels.
Le SBO et la CGB utilisent leur expertise pour s’assurer de la validité des contrats proposés par les industriels. - © gabriel omnès

CVO


Par ailleurs, une CVO (cotisation volontaire obligatoire) est payée chaque année à hauteur de 0,115 €/t de betterave (montant 2017-2018 et historiquement 0,14 €/t de betterave du quota et 0,08 €/t de betteraves hors quota). Cette CVO permet le financement de la part planteurs d’une part de l’ITB et d’autre part du Cedus. Ces organismes interprofessionnels sont co-financés par les fabricants et sont des entités autonomes et distinctes de la CGB.

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