L'Oise Agricole 02 juin 2016 à 08h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

Aides de la cellule d’urgence et Conseil régional: à saisir

Christophe Beeuwsaert est le représentant de la FDSEA de l’Oise qui siège à la cellule d’urgence mise en place dans le cadre du plan de soutien à l’élevage. Interview.

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- © Bernard Leduc

La dernière réunion de la cellule d’urgence revêtait un aspect exceptionnel. Pouvez-vous nous en dire plus?

Le point particulier, au-delà des dossiers traités, était la présence de Marie-Sophie Lesne, vice-présidente du Conseil régional des Hauts-de-France. Elle était là pour nous présenter le dispositif imaginé pour venir en aide aux éleveurs de la région.

Et qu’en est-il?

Il s’agit pour la Région de financer des audits qui seront proposés aux éleveurs lait, viande ou même porcs. Mais ce sont les agriculteurs qui devront en faire la demande au Conseil régional et je les invite d’ores et déjà à se manifester. Ils devront aussi choisir l’organisme agréé qui réalisera l’audit.

Dans l’Oise, ils devraient avoir le choix entre la Chambre d’agriculture, AS60-AGC et le CER 60 et le Contrôle laitier.

Le second point proposé par le Conseil régional est l’année blanche, en cours de négociation avec le Crédit agricole Brie-Picardie essentiellement : report d’annuité, ré-étalement de la dette, report en fin de tableau de remboursement...

Le principe de l’année blanche avait aussi été mis en place dans le cadre du plan de soutien à l’élevage. Mais les critères pour y avoir droit étaient trop drastiques et peu d’exploitants ont pu y prétendre.

Dans le cadre de cette «année blanche» version Conseil régional, l’avantage, c’est que les critères ont été négociés dès le départ avec le Crédit agricole Brie-Picardie. Il s’agit de faire simple pour gagner du temps et être efficace dans l’aide apportée aux éleveurs. Mais un des critères pour accéder à l’année blanche sera de réaliser dans un premier temps l’audit proposé par le Conseil régional.

Quel regard portez-vous aujourd’hui sur le fonctionnement de la cellule d’urgence?

D’abord, les fonds Fac ont été insuffisants en 2015 par rapport aux demandes qui avaient été sous-évaluées. Quelques dossiers étaient restés en suspens, mais le Conseil régional a accepté de les prendre en charge.

De même, au fur et à mesure de l’arrivée et du traitement des dossiers, les financements prévus par les organismes ont été revus à la hausse, ce qui fait que les aides d’urgence n’ont pas été ridicules.

Elles sont un réel apport de trésorerie non négligeable dans certaines situations. Mais ne constituent en rien un revenu.

Je tiens à rappeler que les situations professionnelles et même personnelles des dossiers que nous avons eu à traiter ne sont pas liées à la performance technique et économique de l’exploitation. Il y a parfois des «accidents» de parcours qui font que certains agriculteurs ont eu besoin des aides de la cellule d’urgence, sans pour autant que leurs qualités ne soient remises en cause.

Je veux aussi inciter les éleveurs à entrer dans le dispositif d’audit du Conseil régional car il peut s’agir pour eux d’une opportunité pour dégager des pistes d’amélioration et de développement. Mais eux seuls devront décider des chemins à suivre en fonction de leur environnement professionnel et familial.

Quelle situation pour 2016?

L’agriculture a toujours connu des crises, mais celle-ci semble s’installer dans la durée, pour devenir peu à peu conjoncturelle. Et là, les aides vont rapidement se heurter à la règle des minimis (15.000 €) imposée par Bruxelles. Il va falloir que ces minimis soient doublés. Une annonce a bien été faite en ce sens, mais rien ne semble la confirmer.

Et puis je voudrais rappeler à l’État ses engagements, à savoir le paiement des aides Pac en temps et heure.

Car les retards annoncés ne feront qu’allonger la liste des agriculteurs en difficulté car ce sont bien eux qui devront payer les frais financiers générés par leurs retards de remboursement auprès de leur banquier, de l’État ou de leurs fournisseurs.

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