L'Oise Agricole 15 juin 2016 à 08h00 | Par Bernard Leduc

Agora: pour une agriculture durablement performante

Le 9 juin, les sociétaires d’Agora étaient invités à visiter la plate-forme agro-environnementale que la coopérative a de nouveau mise en place à Mouchy-le-Châtel.

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- © Bernard Leduc

Il s’agit d’une très belle vitrine où, sur une dizaine d’hectares découpés en 1.400 micro-parcelles, les équipes techniques d’Agora, avec leurs partenaires, ont cherché à montrer l’évolution des techniques et des pratiques agricoles, sur les cultures de blé, maïs et colza. Quelque 400 agriculteurs et les élèves d’écoles d’agriculture de la région ont pu bénéficier des visites de l’ensemble des parcelles, commentées par les techniciens de la coopérative, et de conférences sur des thèmes aussi variés que les plantes compagnes du colza, les couverts, le biocontrôle, la lutte contre certains ravageurs, la maîtrise du désherbage et de la fertilisation, l’optimisation de la pulvérisation, ou encore les techniques sans labour.

Cette très belle plate-forme se présente de façon classique, en micro-parcelles comparant les variétés, les conduites de culture, les programmes de protection phytosanitaire ou de fertilisation… Mais elle est aussi un centre de recherche et d’innovations pour Agora qui teste des solutions innovantes visant à diminuer encore plus l’impact de l’agriculture sur l’environnement et à préserver la ressource en eau, tout en préservant le potentiel de production des cultures. Le but est d’aider les agriculteurs, ses adhérents, à produire mieux, en quantité et en qualité, en diminuant si possible les intrants et leurs charges. Agora crée ainsi à leur intention des références techniques et économiques, tout en continuant à les conseiller sur le choix des variétés ou des produits de protection phytosanitaire. Agora milite donc pour une agriculture durable, c’est-à-dire respectueuse de l’environnement - en répondant en cela à la demande sociétale - et économiquement performante grâce en particulier au retour à l’agronomie et aux économies réalisées en intrants.

Le semis de blé sous couvert

Pour illustrer la démarche de recherche de solutions alternatives, un espace a été réservé à un programme nouveau de travail sur le semis de blé sous couvert vivant. Trois couverts, qui ont été implantés aussitôt après la récolte de la culture précédente, sont testés : du lotier corniculé, de la luzerne et du trèfle blanc, trois légumineuses qui, en captant d’azote de l’air, permettent de réduire la fertilisation azotée du blé qui a été implanté en semis direct.

Une autre économie est recherchée sur le désherbage puisque le couvert en place concurrence les adventices ; d’ailleurs, la micro-parcelle témoin sans couvert est la plus sale ! Et divers programmes de désherbages économiques sont comparés. L’approche est donc nouvelle pour le blé, l’idéal serait de maintenir le couvert, ce qui pose problème dans les rotations avec betteraves ou pommes de terre par exemple ; d’autres problèmes peuvent arriver, dont le développement des mulots ou des limaces.

Un autre exemple de démarche pour protéger l’environnement était expliqué, celui de la protection du colza contre les méligèthes. Cet insecte, attiré par la couleur jaune, se fixe sur les fleurs de colza. En intégrant dans les semences une très faible part d’une variété beaucoup plus précoce que la variété principale cultivée, les méligèthes n’attaquent que les plantes arrivant les premières en floraison. Intervention chimique inutile ou très réduite.

Communication

Cette journée de visite était destinée avant tout aux agriculteurs, pour une communication technique. Mais les élus étaient aussi invités à participer et, outre Jean-Marie Fossier, le maire de Louvres qui est aussi un ancien vice-président de la coopérative, Éric de Valroger, vice-président du Conseil départemental, a pu visiter cette plate-forme en compagnie de Thierry Dupont, président d’Agora, Joël Cottart, ancien président, Jean-Xavier Mullie, directeur, et Luc Vandeputte, responsable technique. «Le monde agricole fait le triste constat que la pression réglementaire et environnementale conduit à une impasse, sans la moindre prise en compte d’une quelconque réalité technique et économique» expliquait Thierry Dupont en présentant l’évolution des pratiques agricoles et le retour à l’agronomie.

Il faut aussi défendre une agriculture produisant en quantité les produits répondant aux besoins des marchés, insistait le président, en expliquant s’il y a nécessité de réduire les intrants, pour des raisons à la fois économiques et environnementales, l’impasse ne pourra jamais être totale.

Il faudra toujours recourir à la chimie pour aider à lutter contre les ennemis ou les maladies des cultures, même si les progrès de la sélection variétale, par l’hybridation en particulier, peuvent apporter des résistances.

N’apporter que la dose nécessaire, au bon moment : c’est le principal objectif des pratiques démontrées sur cette plate-forme, dont la visite a permis la promotion de techniques innovantes en matière de lutte biologique ou d’agriculture de précision, avec des techniques utilisant l’informatique ou internet, et la cartographie par satellites, DGPS ou drones.

Cette plate-forme répond parfaitement à l’objectif d’Agora de montrer ce que font les agriculteurs, montrer aussi l’évolution des techniques alliant productivité, protection de l’environnement et sécurité sanitaire, et d’apporter des références techniques et économiques.

 

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