L'Oise Agricole 11 mai 2017 à 08h00 | Par Flore Ferraro

Afdi : tisser des liens

Le 9 mai s’est tenue à Amiens l’assemblée générale d’Afdi Hauts-de-France. L’occasion de présenter les cinq partenariats animés par l’association en Afrique et en Asie et de revenir sur les thématiques principales.

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De gauche à droite : Gervais Hardy (trésorier), Luc Allard (secretaire), Luc Desbuquois (président) et Bertrand Venet (vice-président)
De gauche à droite : Gervais Hardy (trésorier), Luc Allard (secretaire), Luc Desbuquois (président) et Bertrand Venet (vice-président) - © Afdi

«Tisser des liens entre agriculteurs de différents pays est une mission qu’Afdi accomplit chaque jour avec engagement, et je vous en félicite !» C’est ainsi que Christophe Buisset, président de la Chambre régionale d’agriculture des Hauts-de-France, a conclu l’assemblée générale d’Afdi (Agriculteurs français et développement international).

Il a également souligné le rôle de l’agriculture dans le développement économique de nos territoires et le travail sur le long terme qu’il faut accomplir pour réussir. Une réalité valable en France comme en Afrique. Un constat que partage largement Afdi.

Cette assemblée générale était la première pour Afdi Hauts-de-France, issue de la fusion d’Afdi Nord-Pas-de-Calais et d’Afdi Picardie en juin 2016. L’occasion de présenter l’ensemble des partenariats animés par l’association: à Madagascar, en Guinée, au Togo, au Tchad, mais aussi en Asie, et plus particulièrement au Cambodge. Dans chaque pays, Afdi est en partenariat avec une organisation paysanne qui cherche à mettre en place les services nécessaires au développement des exploitations agricoles de ses membres.

Ainsi, la Fédération des paysans du Fouta Djallon en Guinée est un des plus anciens partenariats d’Afdi. Depuis près de vingt ans, l’accompagnement d’Afdi à la FPFD a permis le développement d’une filière pomme de terre exemplaire et la mise en place d’un dispositif de conseil agricole efficace.

 

Installer les jeunes

Aujourd’hui, les actions se concentrent sur l’installation des jeunes. Comme dans beaucoup de pays, l’agriculture n’est pas attractive pour la jeunesse. La pénibilité du travail, les risques liés aux accidents climatiques, les difficultés d’accès au foncier et aux crédits sont autant de freins pour l’installation des jeunes.

Le témoignage de Vincent Yver, membre du conseil d’administration d’Afdi, a été éclairant sur la question. «En fin d’année dernière, j’ai co-animé un atelier de réflexion sur l’installation des jeunes pour la FPFD. Le témoignage de plusieurs jeunes a permis de mieux comprendre les freins à l’installation. Une feuille de route pour la FPFD a été élaborée avec plusieurs axes de travail autour d’actions de communication et d’appui technique auprès des jeunes, d’actions de lobbying auprès de l’Etat et des banques.»

On retrouve cette même problématique au Cambodge avec la Faec, une Fédération d’associations d’agriculteurs promouvant l’entreprise agricole familiale. «C’est peut-être encore plus dur au Cambodge de mobiliser les jeunes pour l’agriculture, a souligné Vincent Yver, car, dans ce pays, l’attractivité de la ville et des opportunités d’emplois dans les usines textiles y est plus forte».

La Faec a donc un véritable défi pour attirer les jeunes. Elle compte pour cela sur le développement de projets de diversification agricoles. Sortir du riz pour développer des activités plus rémunératrices, comme, par exemple, la pisciculture ou le petit élevage. Elle compte aussi sur la structuration en coopérative pour intégrer les jeunes et renforcer leur encadrement. Cette structuration en coopérative est également un enjeu de taille pour les trois autres partenariats d’Afdi.

Pour l’Union des coopératives Lazan ny’Sambirano (UCLS) à Madagascar, cette structuration est déjà bien avancée et a permis un développement efficace de l’UCLS, qui exporte aujourd’hui plus de cent tonnes de cacao vers l’Europe.

Pour l’Union régionale des organisations de producteurs de céréales de la Maritime (UROPC-M) au Togo et pour l’Association pour le développement de la filière karité dans le Mandoul (Aprofikam) au Tchad, la création de coopératives est plus récente. Derrière cette structuration, l’objectif est le développement de la filière maïs au Togo et de la filière Karité au Tchad et, bien sûr, une meilleure rémunération des paysans pour leurs productions.

Et Luc Desbuquois, président d’Afdi, d’expliquer que «la mobilisation des coopératives des Hauts-de- France sur nos partenariats a du sens. Nous avons besoin de leurs expériences et de leurs compétences pour accompagner au mieux les réflexions de nos partenaires au Sud. Mais si les liens se renforcent avec Coop de France Hauts-de-France, c’est l’ancrage d’Afdi dans toutes les organisations professionnelles agricoles de la région qui doit rester fort. Nous avons plus que jamais besoin du soutien de l’ensemble de nos fondateurs pour poursuivre nos actions. Parce que la solidarité dans le monde agricole n’est pas un vain mot !»

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