L'Oise Agricole 12 octobre 2017 à 09h00 | Par Mélanie Camgrand

À la découverte du premier salon bio européen

Les Chambres d’agriculture Hauts-de-France ont organisé un déplacement collectif vers le salon des techniques bio et alternatives Tech&Bio, les 20 et 21 septembre dernier.

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Une partie du groupe à l’entrée du Tech & Bio
Une partie du groupe à l’entrée du Tech & Bio - © Agence de presse

Nous nous sommes ainsi retrouvés dans le wagon, conseillers et agriculteurs au nombre de neuf, pour deux jours ensemble en direction de Valence. Accueillis par un soleil radieux mais un vent tenace soulevant la terre sableuse, nous nous sommes rapidement séparés pour aller à la découverte des sujets qui nous intéressaient. Alain, Elise, Aïcha, Guy, Rémi, Pierre, Lucas, Gonzague ont participé à ce salon européen et je vais vous vous retranscrire ici ce qu’ils ont retenu.

Découvrir les nouveautés

Alain Lecat, conseiller bio à la Chambre d’agriculture du Nord-Pas-de-Calais, est venu pour participer à l’organisation du salon. Il intervenait dans des conférences comme Élise Favrelière et Aïcha Ronceux, chargées du projet Agribio à Agrotransfert. Elles présentaient l’intérêt de la luzerne dans les systèmes de grandes cultures biologiques. Tous trois souhaitaient découvrir les «petites nouveautés de la bio» en d’autres termes l’avancée des techniques et de la recherche.

En effet ce salon, permet d’avoir accès à des résultats de recherche qui ne sont pas forcément diffusés, selon Élise et Aïcha. À cette occasion, Alain a découvert une nouvelle légumineuse fourragère appelé Lablab (Lablab purpureus) : «c’est une légumineuse d’origine africaine qui pourrait être intéressante dans les rotations bio». Il souhaiterait la tester dans un objectif d’amélioration de l’autonomie alimentaire.

Le monde de la bio en un seul lieu

Denis, agriculteur engagé dans la réduction d’intrants, s’est rendu sur le salon pour la première fois tout comme Guy et Rémi Poletz, éleveur laitier et maraîcher bio à Vauxaillon. Si ces derniers n’avaient pas été sélectionnés pour la récompense des Talents 2017, ils n’y seraient jamais allés car «c’est loin quand même». Cette récompense met à l’honneur des agriculteurs bio qui se démarquent par leurs performances durables. Cependant, ils ne regrettent pas le voyage car ils ont été impressionnés par la quantité et la qualité des conférences et des exposants.

Si Rémi a apprécié les démonstrations en désherbage mécanique pour le maraîchage, Denis a préféré celles pour les grandes cultures. C’est la raison principale pour laquelle il est venu au salon. Il cherchait des solutions alternatives dans les pratiques bio: «la mécanisation est en train de répondre aux problématiques bio» m’a-t-il dit. Il a également été très étonné de la jeunesse et de la mixité du public : «c’est la nouvelle génération qui porte le bio, c’est pour cela qu’il a de l’avenir».

Conforter ses projets et ouvrir de nouveaux horizons

Pendant ce temps, Guy a assisté à une conférence sur la méthode Obsalim® qui permet de gérer la santé globale du troupeau par l’observation des animaux. Connaissant déjà la méthode, cela lui a permis de se conforter dans l’intérêt de sas mise en pratique sur l’exploitation. Il en a aussi profité pour faire avancer son projet d’énergie renouvelable. Avec son fils Rémi, il s’intéresse au photovoltaique et ces deux journées ont été l’occasion de rencontrer de nombreuses personnes dans le domaine.

Pierre Brucelle, agriculteur en conversion à Agnicourt-et-Séchelles, a lui utilisé ces deux jours pour «se laisser surprendre et ouvrir de nouveaux horizons». Au fil de ses découvertes, il a été interpellé par une conférence sur les couverts végétaux qui l’ont fait avancer dans sa réflexion sur la stabilité de ses sols. Toujours dans l’amélioration de ses pratiques, il souhaite en connaître plus sur la biodynamie.

Gonzague Wattel, «nouveau cultivateur bio motivé et convaincu», a également mis à profit ces deux journées pour réfléchir et développer son système d’exploitation. Après avoir assisté à une conférence sur les opportunités de développement des filières de grandes cultures biologiques, il est rassuré par la stabilité des débouchés malgré une forte dynamique de conversion. Il souhaite améliorer son système avec des outils de triage plus performants et mettre en place de la diversification sur son exploitation notamment avec un atelier endives découvert à Tech&Bio.

Et ensuite ?

Tous les participants ont bénéficié de ces deux jours pour avancer dans leur projet quel que soit le point de départ. Certains vont étudier la faisabilité de l’agriculture biologique et vont commencer à utiliser les pratiques bio dans un objectif de réduction d’intrants. D’autres vont améliorer et diversifier leur système d’exploitation ou étudier de nouveau concepts découverts pour les mettre en place à l’avenir.

Pour Pierre et Rémi, «ces salons sont l’occasion de rencontrer des gens éclairés dans leur domaine qui peuvent ouvrir de nouvelles voies de réflexion et nous aider à avancer dans nos projets. Il est important de prendre en compte les conseils et confronter ses idées et ses craintes à l’expérience de l’autre». Car le bio c’est «hyper technique» comme m’ont dit Denis et Gonzague : «on redevient maître de son métier, on recherche les solutions et ce n’est pas les autres qui les amènent». Ce voyage a été l’occasion d’en trouver quelques-unes. Je remercie chaleureusement ce groupe pour les échanges enrichissants et la bonne ambiance qu’ils ont su maintenir pendant tout le voyage.

Le salon Tech & Bio en quelques mots

17.000 visiteurs, 300 exposants, 120 démonstrations en plein champ et 120 conférences et ateliers. Que vous soyez agriculteur biologique, intéressé par les approches alternatives ou conventionnel, Tech & Bio s’affiche comme le Salon des techniques bio et alternatives en offrant une vision large des différents modes de production. Organisé tous les deux ans Tech&Bio, c’est avant tout des démonstrations innovantes et performantes, animées par des spécialistes et exposants, en arboricultures, élevages, cultures légumières, grandes cultures, viticulture et plantes à parfum, aromatiques et médicinales. Une centaine d’experts français et européens reconnus sont mobilisés pour les conférences sur les techniques de production bio, de transformation et de commercialisation des produits bio.

Produire bio, pourquoi pas moi ?

Une formation est organisée le 21 novembre à Beauvais.

Avec des consommateurs au rendez-vous, l’agriculture biologique française atteint en 2016 un rythme de croissance historique. Depuis cinq ans, les Chambres d’agriculture proposent, avec leurs partenaires du Pôle de conversion, une formation pour découvrir les filières élevages et cultures et appréhender les réalités d’un système biologique. Un rendez-vous à ne pas manquer pour les agriculteurs qui s’interrogent ! Cet automne, une première formation aura lieu le 21 novembre prochain à la Chambre d’Agriculture à Beauvais.

Découvrir les filières en région, rencontrer un opérateur économique et appréhender à partir d’un témoignage, la réalité d’un système agrobiologique ; telles sont les ambitions de cette formation ouverte à tous les agriculteurs désireux d’en savoir davantage sur la bio. Pour participer à la formation Vivea Produire bio en Hauts-de-France, pourquoi pas moi, vous pouvez vous inscrire directement auprès de Nathalie Devillers au 03 44 11 44 55 ou nous contacter par mail (nathalie.devillers@oise.chambagri.fr).

Gilles Salitot, conseiller AB

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