L'Oise Agricole 18 mai 2017 à 08h00 | Par Actuagri

A deux mois de la moisson, l’expectative prévaut

Malgré le gel et la sécheresse, la prochaine récolte céréalière n’apparaît pas compromise à ce stade, selon le Conseil pécialisé céréales de FranceAgriMer.

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Pour le blé tendre, FranceAgriMer a intégré une légère Pour le blé tendre, FranceAgriMer a intégré une légère augmentation à la marge de la collecte (+ 37 000 tonnes) et des exportations vers l’Union européenne (+ 30 000 tonnes).
Pour le blé tendre, FranceAgriMer a intégré une légère Pour le blé tendre, FranceAgriMer a intégré une légère augmentation à la marge de la collecte (+ 37 000 tonnes) et des exportations vers l’Union européenne (+ 30 000 tonnes). - © Vincent Marmuse

«Il y a de quoi faire une récolte moyenne, qui peut être aussi excellente ou médiocre. C’est le mois de juin qui fait la moisson», a déclaré Rémi Haquin, le président du Conseil spécialisé céréales, à l’issue de la réunion mensuelle du 10 mai. Comme 2016, l’année 2017 est également atypique sur le plan climatique.

A la sécheresse persistante de la fin d’hiver se sont ajoutés deux épisodes de gel fin avril. Catherine Cauchard, chef de projet Céré’Obs, veut croire cependant que «le potentiel n’a pas été entamé de façon significative». Sur le déficit hydrique, les pluies récentes ont permis de corriger le tir et de chasser les inquiétudes qui étaient apparues, il y a quelques semaines. «Les pluies récentes ont permis de valoriser l’azote. Néanmoins, les réserves hydriques n’ont pas été rechargées. Ce sera l’accès à l’eau qui va constituer le facteur limitant jusqu’à la moisson», ajoute-t-elle. «Si nous avons un peu d’eau et s’il ne fait pas trop chaud en juin, la récolte pourrait être bonne», précise Rémi Haquin. Côté gel, il a surtout frappé les orges d’hiver et, dans une moindre mesure, le blé dur. Mais «il est encore trop tôt pour se prononcer sur l’étendue des dégâts. Le diagnostic est en cours», observe le président du Conseil spécialisé. Pas de souci, en revanche, pour le maïs. Il a bénéficié d’une bonne implantation, et la météo a été plus favorable pour les cultures de printemps.

Exportations plutôt dynamiques

En ce qui concerne les bilans de la campagne céréalière 2016-2017, FranceAgriMer a procédé à quelques ajustements à la marge. Ainsi, la collecte d’orge a été réé-valuée de quelque 20 000 tonnes à 8,578 millions de tonnes par rapport à la précédente estimation d’avril et les expéditions vers l’Union européenne de 70 000 tonnes. Pour ce qui est des exportations vers les pays tiers, elles ont atteint 2,1 millions de tonnes fin avril, en retrait de 51 % par rapport à la campagne précédente. Mais, depuis quelques mois, elles affichent un certain dynamisme, notamment vers l’Arabie saoudite.

La France y a déjà placé 740 000 tonnes, soit 22 % de plus que lors de la campagne précédente à la même date. Si bien que l’objectif d’exportation vers les pays tiers de 2,4 millions de tonnes pour l’ensemble de la campagne «pourrait être atteint facilement», estime Olivia Le Lamer, de l’unité grains et sucre de FranceAgriMer. Pour le blé tendre, FranceAgriMer a intégré une légère augmentation à la marge de la collecte (+ 37 000 tonnes) et des exportations vers l’Union européenne (+ 30 000 tonnes), ainsi qu’une réduction du stock de report de 200 000 tonnes. En effet, l’office table sur l’amélioration d’un courant d’exportation équivalent vers les pays tiers à 5,2 millions de tonnes. A deux mois de la fin de la campagne, elles ont atteint 4,1 millions de tonnes, en retrait de 58 % sur l’exercice précédent.

Mais un nouveau débouché est apparu, la Corée du Sud, vers laquelle 74 000 tonnes ont été expédiées depuis le début de la campagne. Reste donc un peu plus d’un million de tonnes à réaliser d’ici la fin juin, que FranceAgriMer considère comme «atteignable», en raison de perspectives encourageantes vers l’Algérie. Aucun changement significatif sur le bilan maïs si ce n’est quelques ajustements à la marge, + 40 000 tonnes sur la collecte et + 50 000 tonnes sur les importations. En revanche, les expéditions vers l’Union européenne devraient reculer de 100 000 tonnes et le stock de report progresser de 190 000 tonnes sur l’ensemble de la campagne.

Baisse attendue de la production de blé dur

Après une production mondiale de blé dur exceptionnelle en 2016, son commerce mondial s’est rétracté, et les stocks affichent une forte hausse notamment au Canada, mais aussi aux Etats-Unis et dans l’Union européenne. Ils se-raient de l’ordre de 11 millions de tonnes fin juin 2017.

Par conséquent, les emblavements pour la campagne 2017-2018 sont en net recul, en baisse de 20 % au Cana-da et de 14 % aux Etats-Unis. Le recul serait de 6 % dans l’Union européenne, dont 4 % en Italie, le principal pro-ducteur européen. Idem en France, le repli des surfaces est estimé à 2,5 % par FranceAgriMer, sauf en Poitou-Cha-rentes où elles sont en légère progression. En tout cas, l’Abondance pèse sur les cours : ils ont perdu 70 euros par tonne depuis le mois de novembre et l’écart se réduit avec le blé tendre. Il n’est plus que de 45 euros par tonne.

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