L'Oise Agricole 21 décembre 2017 à 08h00 | Par Laurent Mingam

1 000 agricultures au carrousel du Louvre

16 départements du grand bassin parisien avaient appelé à mobilisation au Carrousel du Louvre ce mardi 19 décembre.

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L’Oise était représentée avec environ 70 agriculteurs venus en car, en train ou par leurs propres moyens. Les 5 départements des Hauts de France étaient représentés avec environ 250 agriculteurs. (© Laurent Mingam)

Ils étaient 1.000 présents pour dénoncer le double discours et les contradictions entre les engagements du «candidat Macron» et le Président de la République. Une délégation a été invitée à Matignon à l’issue de l’action syndicale.

«Quand le discours d’investiture ne rime plus avec agriculture»
«Quand le discours d’investiture ne rime plus avec agriculture» - © Agence de presse

Réaction de Laurent Degenne, Président de la FRSEA Hauts de France

Je voudrais tout d’abord remercier tous les agriculteurs qui se sont mobilisés ce mardi 19 décembre pour venir à Paris dénoncer les distorsions de concurrence dont nous sommes victimes. Nous étions plus de 300 des Hauts-de-France. Ces actions de communication sont nécessaires pour aider nos représentants nationaux dans les discussions auprès des ministères, pour toucher nos décideurs et les mettre face à leurs incohérences et pour alerter le consommateur, trompé lui aussi par cet écart entre le discours et les faits.

Le lieu que nous avions choisi est symbolique : le Louvre, lieu du discours d’investiture du Président Macron. C’est une façon de lui rappeler ses engagements. Dans son discours, il avait promis aucune surtransposition européenne, dans les faits : il demande l’interdiction du glyphosate d’ici trois ans alors que la commission européenne valide son homologation pour cinq ans.

Monsieur Macron aime l’entreprise, Monsieur Macron aime l’agriculture, mais il n’aime pas l’entreprise agricole. Il souhaite redresser l’économie de la France, il oublie le rôle que peut y jouer l’agriculture. Nous avons souhaité rappeler au Président Macron que l’agriculture est un secteur économique à part entière, avec une balance commerciale positive. La considérer uniquement sous le prisme de l’entretien du paysage et de son lien au territoire est une erreur, ou une méconnaissance de notre secteur d’activité. La suppression de l’exonération de sept points de cotisations sociales qui permettait de réaligner les exploitations agricoles françaises sur les mêmes niveaux de coût du travail que les exploitations de nos principaux voisins et concurrents européens est un coup grave porté à la compétitivité de nos exploitations.

Autre grief, les accords de libre-échange signés avec le Canada et en cours d’élaboration avec l’Amérique du Sud. Ces décisions vont entraîner l’entrée massive de produits ne répondant pas aux mêmes exigences que les normes françaises. Encore une fois, nous ne nous battons pas à armes égales.

Malgré les atouts que représentent nos filières pour l’économie française, nous constatons avec regret l’absence de projet agricole chez nos gouvernants. C’est à travers les actions comme celle de mardi que nous remettrons l’agriculture au cœur des débats. Grace à votre mobilisation, nos revendications ont été portées au plus haut niveau, à Matignon. Nous verrons la prise en compte qui en sera faite dans le rendu des États généraux de l’alimentation.

Quatre agriculteurs ont exposé les conséquences directes des accords de libre échange CETA (avec le Canada) et Mercosur (avec le Brésil et l’Argentine). Alice Avisse, agricultrice dans l’Oise, à Boissy Fresnoy, et administratrice de la FNB (Fédération Nationale Bovine), a exposé les conséquences de ces accords sur la viande bovine. Les normes de production de viande bovine en France sont en effet incomparables avec les normes applicables au Canada, au Brésil ou en Argentine.

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